Savoir-faired'exception
C'est au cours del'un de ses voyages en Russie, àla fin du XIXe siècle, que LouisCartier découvre l'émail dontl'orfèvre Fabergé est alors lemaître incontesté. L'habileté de Fabergé consiste à appliquersur une base en argent ou en orde 14 carats, cinq ou six couchesd'émail choisi sur une palettede 144 nuances. Le métalpréalablement gravéde ligneset de points laisse apparaîtresous l'émail transparent aprèspassage au feu de 700 à 800 degrés,des dessins de forme géométrique.L'effet est miraculeux, comparable à celui de lasoie ondoyante.
Cartier adopte donc l'émaildont il sophistique le guillochageet heurte les couleurs eninventant de nouvelles oppositionscomme celles du bleuvert,du violet-vert et du bleu royal-bleu turquoise. Rapidement,il assimile et personnalise,au gré d'étuis à cigarettes,d'encriers ornés de guirlandes…Autant de petits chefsd'oeuvrequi font peu à peu leurentrée dans les plus grands muséesdu monde. Comme l'oeufréalisé en 1906 puis vendu en1910 à la Ville de Paris qui l'offriraau tsar Nicolas II, aujourd'huipropriété du MetropolitanMuseum of New York.En parallèle, se développe aussila marqueterie. Une alliancesubtile et sophistiquée de boisprécieux dont Cartier utilise lesnuances et adapte les caractéristiquesà la réalisation d'objetsrares. Puis vient la rencontre del'émail et de la marqueterie,confrontés à l'or et aux diamants,pour des motifs toujours plus modernes et audacieux.A l'origine, le dessin impose à lamarqueterie le choix précis debois requis pour leurs couleurs,le sens de leur veinage et enfinleur texture. Une sélection suiviede la taille de minuscules écheveaux de bois, précieuxéléments qui s'articulent l'un àl'autre à l'image d'un puzzle délicat.Une ébénisterie d'orfèvreque Cartier allie à des matériauxcomme le corail, l'agate etl'onyx. Résultat: des oeuvres saisissantesde réalisme qui fontentrer la perspective et restituentle relief à travers une étonnantemaîtrise des reflets et descontrastes. Unique, chacun deces cadrans nécessite une trentained'étapes et plus d'unecentaine d'heures de travail.
CLOISONNÉS ET CHAMPLEVÉS
Pour ses tableaux miniatures,Cartier utilise deux techniques.Celle du cloisonné, quiconsiste à former un dessin àl'aide de fils métalliques platsposés sur la surface à émaillerou celle du champlevé où lemotif est créé en creusant auburin une plaque de métal destinéeà recevoir l'émail. Cedernier, une poudre fusibleconstituée de 100 composantscolorés par des oxydes métalliques,est ensuite introduitdans les compartiments ainsiformés puis passé au feu à latempérature extrêmement précisede 840°. Il faut plusieursopérations et passages au fourpour réaliser un cadran. Gestesprécis au cours desquels la métamorphoses'opère, ravivant labrillance des lignes à fleurd'émail.
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Annuaire 2007 - Tribune des Arts - 8ème Edition





