Le Kremlin en cadeau

Jusqu'en août, la grande maison expose un extrait de sa somptueuse collection historique.

Jusqu'en août, la grande maison expose un extrait de sa somptueuse collection historique.

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Montre-pendentif à motif panier Cartier Paris, de 1909, en or jaune, or rose et platine, rehaussée de diamants taille ancienne et rose, et d'émail translucide gris-bleu. Fabrication Jaeger, Naudet. Vendue à la cantatrice Melba puis au prince Youssoupov en 1912.

 

C'est la première fois qu'une maison joaillière est autorisée à pénétrer dans l'enceinte très protégée de l'ancienne citadelle des tsars. Qui cela? Cartier, bien sûr. Il faut dire que le propos est de taille. Jusqu'au 25 août, Cartier expose un magistral extrait de sa collection historique. Débutée vers 1980, sous l'impulsion d'Eric Nussbaum, celle ci est constituée de pièces créées entre le début des années 1900 et le milieu des années 70. Cet événement, qui répond une fois de plus à la vocation de cette collection refusant d'être figée dans un lieu permanent, prend place dans la salle d'exposition de la cathédrale de l'Assomption, au pied du beffroi d'Ivan le Grand. Un écrin de choix pour les 165 bijoux, montres, accessoires et autres objets précieux sélectionnés et accompagnés de 20 dessins originaux.

Complicité de longue date

Les tout premiers contacts de Cartier avec la Russie remontent à 1860, lorsqu'à l'occasion des fêtes de Noël, la maison se mit à livrer la cour impériale russe. C'est le prince Saltikov qui fut le premier client russe, en acquérant en 1886 un bracelet d'émeraudes monté sur or émaillé noir. Et ce fut également lui qui, conquis, assit la réputation du joaillier à la cour. Ainsi, le grand duc Alexis et Maria Pavlona, épouse du grand duc Vladimir, fils d'Alexandre II, se rendirent-ils à Paris, directement chez Cartier. Voyage suite auquel la grande dame devint une cliente régulière. Inversement, en 1904 et 1905, Pierre Cartier partit à la rencontre de l'aristocratie russe qui n'aura de cesse que de le convaincre de s'installer dans le pays, en particulier Maria Pavlona. Voeux également émis par l'impératrice douairière Maria Feodorovna, veuve du tsar Alexandre III, lors de son séjour parisien de 1907. A défaut de l'exaucer complètement, Cartier organisa cette même année, vers Noël, une exposition temporaire à Saint-Pétersbourg, au Grand Hôtel d'Europe. La première du genre. De son côté, Carl Fabergé éblouit les visiteurs de l'Exposition universelle de Paris de 1900 en présentant quinze OEufs de Pâques Impériaux,cadeaux d'Alexandre III et de Nicolas II à la tsarine et à l'impératrice Maria Feodorovna, augmentant encore le puissant attrait exercé par la Russie sur l'Occident. Une fascination à laquelle Cartier n'échappe pas. Tant pour la Russie des tsars, son faste et son opulence, que pour son ouverture aux arts du XXe siècle qu'illustrent les Ballets Russes de Serge Diaghilev. Résultat: une complicité tissée au cours du temps et qui, aujourd'hui, n'a rien perdu de son ampleur. Preuve en est du Golden Galaxy Award décerné l'an dernier à Cartier Russie par l'American- Russian Chamber of Commerce Industry (ARCCI), en hommage à la contribution exceptionnelle de la maison Cartier aux réformes du marché russe, à l'éducation des clients russes, à l'introduction de pratiques éthiques et à son soutien des arts. Il faut dire qu'en plus d'avoir implanté une filiale à Moscou en 2003, Cartier a ouvert deux boutiques moscovites, en 1996 et 2003, qu'une troisième est prévue pour octobre, au GUM sur la place Rouge, qu'Ekaterinburg en Russie, Kiev en Ukraine et Almaty au Kazakhstan possèdent chacune leur boutique Cartier, et que 22 détaillants sont déployés dans 22 villes de Russie et de la CEI (Communauté des Etats Indépendants). Une véritable résidence secondaire.

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Devant de corsage Cartier Paris, en platine et diamants ronds taille ancienne et taille rose, orné de sept saphirs de forme coussin et d'un saphir poire. Commande spéciale de 1907.

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Bracelet Cartier New York, de 1926, en platine, or, cristal de roche, onyx et émail noir, avec diamants ronds taille ancienne et 8/8, et boules de rubis cloutées de diamants sertis clos.

 

Cartier Moscou
Innovation through
the 20th Century
Jusqu'au 25 août 2007.
Musée du Kremlin.

Sylvie Guerreiro

 

Tribune des Arts - No352 - Juin 2007

 

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