WORLDTEMPUS – 24 août 2011
Louis Nardin
Le nom de Cartier rime d'abord avec joaillerie, mais c'est négliger le fait que la maison parisienne a laissé une forte empreinte dans l'histoire de la montre-bracelet et des pendulettes, surtout mystérieuses. Les Santos, Tonneau, Tank ou Tortue, en particulier, restent aujourd'hui toujours des musts reconnaissables au premier coup d'œil. Pourtant, aucune n'est jeune puisqu'elles ont vu le jour au début du 20ème siècle, marquant pour la Santos en particulier l'avènement de la montre-bracelet pour homme. Cette longévité suffit à démontrer que le coup de crayon des créateurs de la maison avait quelque chose d'intemporel. La seconde partie de l'exposition souligne les efforts consentis pour se développer dans le segment de la haute horlogerie avec les réalisations modernes les plus complexes.
L'exposition «Cartier Time Art», qui sera visible du 26 août au 6 novembre au Musée Bellerive de Zürich avant de parcourir le monde en passant par Singapour ou New-York, revient sur la saga du temps chez Cartier. Elle met en lumière des pièces tirées de la Collection Cartier, qui compte au total plus de 1400 références dont un tiers lié à l'horlogerie, ainsi que les dernières créations de la marque depuis son choix de proposer des modèles de haute horlogerie il y a quatre ans. Entre l'histoire d'un art et celui d'une marque, l'exposition tisse des liens cohérents du passé au présent. Elle mérite donc le détour.
Les pièces plus anciennes – pendules, pendulettes, montres broches, montres châtelaines ou encore montres de poche – rivalisent de couleurs vives, de détails élégants, et de matières rares, toutes ambassadrices d'un style épuré et remarquablement frais. Les pendules mystérieuses, marque de fabrique de Cartier, condensent de façon remarquable le mélange de technicité, d'originalité, d'audace et de sobriété propre à la marque. Le visiteur y découvre dans la foulée la maîtrise exceptionnelle par les artisans de l'époque de l'émaillage, de la gravure, de la sculpture, du sertissage ou encore du guillochage. La déambulation entre les vitrines glisse sans heurts vers un voyage dans le style art déco le plus pur. Entre les petits monuments de pierres indiquant l'heure comme on dévoile un secret et de nobles et sobres montres de poches presque austères car libres de tout artifice se cachent quelques mythes fondateurs comme une Santos de 1916 équipée d'un mouvement LeCoultre 126 par exemple.
«Les pièces horlogères anciennes de Cartier nous ont guidés vers une approche créative du temps, explique Carole Forestier-Kasapi, Responsable de la création mouvements. Notre intention aujourd'hui vise à réinterpréter une complication pour en tirer un nouveau mécanisme. L'Astrorégulateur est par exemple une adaptation libre du tourbillon."
En dévoilant son passé – comme elle l'avait déjà fait en janvier au SIHH – et en montrant ses dernières pièces jusqu'à l'ID One, une montre concept dévoilée en octobre 2009, annoncée comme ne nécessitant aucun réglage et concentrant des matériaux high-tech, Cartier travaille à consolider son image horlogère.
Une stratégie qui passe aussi par le remarquable livre consacré à l'exposition. De format carré et rédigé par le journaliste horloger américain Jack Forster, il comprend plusieurs séries de photos pour raconter par l'image l'histoire horlogère du joaillier parisien.
"Cartier Time Art", 26.82011-6.11.2011, Musée Bellerive, Höschgasse 3, 8008 Zürich - www.museum-bellerive.ch
Le créateur horloger s'expose
La marque met en scène son patrimoine horloger des origines à demain le temps d'une exposition sur les rives du lac de Zürich. Des premières Santos et horloges mystérieuses à l'ID One qui ne mérite aucun réglage, un savoir-faire est dévoilé.
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