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La Fondation est un état d'esprit

Créée en 1984 par Alain-Dominique Perrin, la Fondation Cartier est le reflet de toute la création contemporaine.


Tribune des Arts - Juin 2010Michel BonelCartier_328368_0

Bien plus qu'un musée, la Fondation Cartier pour l'art contemporain est un état d'esprit. Tout commence en 1984 sous l'impulsion d'Alain-Dominique Perrin, alors président de Cartier International. Le sculpteur César découvre une très belle propriété dans la banlieue parisienne, à Jouy-en-Josas. C'est le début d'une “Villa Médicis des champs”, dans laquelle séjournent des créateurs de toutes les nationalités. Et de très belles expositions sont parallèlement mises sur pied. Comme celle, restée dans les mémoires, des liens entre Andy Warhol et un groupe de rock américain Velvet Underground, en 1970.

Installée depuis 1994 au coeur de Paris, boulevard Raspail dans le 14e arrondissement, la Fondation poursuit le même but qui est de présenter des artistes contemporains. Le bilan est impressionnant: plus d'une centaine d'expositions ici et ailleurs, une cinquantaine de commandes d'oeuvres, et la publication d'une trentaine de catalogues. Car elle possède une très belle collection; un fonds de plus de 1000 oeuvres de 300 artistes différents, réparties sur une superficie de 1200 m2, qui s'est construit autour des années 1960 avec des noms comme Sam Francis et Joan Mitchell, ou comme Arman et César, du nouveau réalisme. Mais elle s'est vite engagée sur le terrain de la création contemporaine avec des oeuvres de l'Ecossais Douglas Gordon, de l'Américain Matthew Barney et du Français Alain Séchas, pour n'en citer que trois. “Notre rôle, explique-t-on à la Fondation Cartier, est de faire circuler cet ensemble vivant que sont les oeuvres au gré des expositions en France et à l'étranger.”

Dans le sens inverse, on vient de loin à la Fondation Cartier pour admirer ses magnifiques accrochages consacrés au fil des années à Ferrari, Gérard Garouste, Takashi Murakami, et, actuellement, Takeshi Kitano, l'enfant terrible japonais qui s'exerce dans différentes expressions artistiques et qui représentera la Fondation à Art Basel du 16 au 20 juin prochains (cf. pages 32-33). Autre particularité de la Fondation Cartier: tous les jeudis, elle organise des Soirées Nomades dédiées à la musique, la poésie, la danse et même les défilés de mode. Un véritable succès. Mais ce qui étonne et ravit de prime abord, c'est le bâtiment lui-même. Juste trois pans de verre placés parallèlement le long du boulevard et conjuguant élégance, sobriété et luminosité. Dû à l'architecte Jean Nouvel, il se présente comme un sublime écrin de verre et d'acier, une gigantesque serre qui vit au rythme d'un jeu subtil de reflets et de transparences.



Le cèdre de Chateaubriand

 


Un conseil: ne manquez pas de vous attarder dans le poétique jardin, nourri de références historiques, littéraires et artistiques, qui entoure le bâtiment. Dû à Lothard Baumgarten, baptisé Theatrum Botanicum, il regroupe dans les 200 espèces de plantes évoluant au fil des saisons et 35 espèces différentes d'arbres, dont un cèdre du Liban qui fut planté par Chateaubriand en personne. C'était en 1825 et l'arbre majestueux est toujours là, planté dans un gigantesque pot réalisé par Alessandro Mendini. Ce lieu qui semble sauvage au premier coup d'oeil mais qui est cultivé et organisé, constitue une réalisation unique en plein Paris.



Fondation Cartier
pour l'art contemporain

Paris
216, boulevard Raspail.
Ouvert tous les jours de 11 h à 20 h; mardi jusqu'à 22 h.
Lundi fermé.
Tél. +33 142 18 56 50.
www.fondation.cartier.fr

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