27 novembre 2009
Fabrice Eschmann
L'organe le plus sensible d'une montre, tant du point de vue de la précision que de la solidité et de la résistance, est composé du balancier, du spiral et de l'échappement. Pour ajuster la précision et assurer la compatibilité des composants entre eux, ces derniers sont traditionnellement équipés d'éléments de réglage (palettes sur l'ancre, vis sur le balancier et raquette pour le spiral). Sur l'IDOne, rien de tel.
Le balancier

Il est réalisé dans un seul bloc et conçu en cristal de carbone. Proche du diamant, donc quasi inusable, amagnétique et au coefficient de frottement très faible, ce matériau autorise une découpe par gravure profonde au micron près. Essentielle, cette précision permet la création d'un composant équilibré dès sa fabrication, grâce à son design.
Le spiral

Il est en Zerodur®, un verre de céramique utilisé dans l'industrie spatiale. Athermique et amagnétique, son usinage très complexe est réalisé au Centre suisse d'électronique et de microtechnique (CSEM) à Neuchâtel. Ce matériau est quatre fois plus léger que l'Invar traditionnellement utilisé. Grâce à une géométrie optimale, les extrémités de ce spiral sont conçues pour être fixes. Sa précision moyenne en multipositions est de 2 secondes par jour, soit l'équivalent d'un bon mouvement à tourbillon.
L'échappement

L'ancre et la roue d'ancre sont également réalisées en cristal de carbone. La dureté du matériau ainsi que le design des composants ne nécessitent aucune palette de réglage. L'on s'évite ainsi la pose fastidieuse et l'ajustement de ces éléments, habituellement en rubis.
Une cage d'échappement

Pour protéger l'organe oscillant des chocs, ce dernier est monté dans une cage d'échappement. Elle est pourvue de silentblocs en polymère haute densité, proche du caoutchouc. A l'inverse des élastomères, ce matériau ne sèche ni ne casse. L'ensemble balancier-spiral-échappement-cage d'échappement ne pèse que 0,4 gramme.
Rouages et pignons

Les composants du mouvement qui entrent en friction sont soit en cristal de carbone, soit recouverts d'ADLC (Amorphous Diamond-Like Carbon), un revêtement haute résistance utilisé dans la F1 et mis au point avec un partenaire d'Olten. Autolubrifiantes et très dures, ces surfaces épargnent l'utilisation d'huile et bannissent les pierres du mouvement. De la même façon, vu leurs coefficients de frottement très faibles, elles ont permis un redimensionnement des roues. Ces dernières sont ainsi plus grandes, et résistent donc mieux aux chocs.
Le boîtier

En nobium-titane, il résiste particulièrement bien aux coups. Il reprend les lignes de celui de la Ballon Bleu 46 millimètres. Le nobium-titane a en effet la capacité physique de convertir un choc violent en un choc de même énergie mais plus long dans le temps et plus doux. Cet avantage a permis de fixer la platine directement au boîtier, évitant du même coup la transmission des chocs à l'organe oscillant, lui-même isolé sur ses silentblocs. Enfin, le nobium-titane est biocompatible, donc pas rejeté par l'organisme.
BIPH