Chronique
2010 restera une année noire pour l'horlogerie. Il y eut tout d'abord la disparition de Simone Bédat, le 11 juin. Elle fut une des premières femmes à occuper des postes à responsabilité dans l'horlogerie. Puis ce fut le décès du pape de l'horlogerie, Nicolas Hayek, le 28 juin. Il fut suivi par la disparition de Gino Macaluso, le 27 octobre, à 62 ans seulement. Il avait fait de Girard-Perregaux, un empire. Et voici que je viens d'apprendre la disparition, le 17 décembre, de mon ami Eugenio Zigliotto, à l'âge de 70 ans. Il s'est éteint tout doucement, au cours de son sommeil, dans une clinique de Côme où il était hospitalisé.

J'ai compris qu'il se passait quelque chose, le 28 octobre dernier, alors qu'il m'avait prévenu, la veille, de son passage à Genève. Nous préparions, tous les deux, un livre recensant les trente plus importantes marques horlogères. Et je l'ai attendu en vain. Car il venait d'être hospitalisé. J'ai bien essayé de le voir quelques semaines plus tard, lors de mon passage à Milan. Mais il ne pouvait parler et il était sous perfusion.
Il n'était pas présent, malheureusement, au Grand Prix d'Horlogerie de Genève. Mais il aura animé, par son souffle, jusqu'au dernier jour, la revue Horlogère, Orologi da Polso, que ce pionnier de la presse horlogère avait fondée en 1987 et qui comprend sept éditions internationales. J'avais l'honneur d'y collaborer chaque mois. L'homme était doté d'une grande délicatesse. C'était l'ami de tous les horlogers. On le voyait présent dans toutes les manifestations horlogères où il savait communiquer à chacun sa passion horlogère sans accabler. Aujourd'hui, le monde semble plus vide, comme un champ de neige figé, sans âme qui vive. Je préfère me souvenir du merveilleux été que nous avons passé ensemble, en partie. Il était alors en pleine forme, faisant toujours montre de sa grande générosité. Je comprends qu'il ait été aimé et respecté de toute la profession. Peut-être, là-haut, continuera-t-il à exercer, libre de toute entrave, entre deux nuages, son autre passion, le sport automobile. Car c'est lui qui a signé, pendant vingt ans, les compte-rendus des Grands Prix de Formule 1, devenant ainsi une des signatures historiques d'Autosprint. Et confiant en l'avenir, il avait même fondé une revue on-line, Autoambiente.
Aussi, mes pensées se tournent vers sa femme, ses proches, tous les collaborateurs et collaboratrices d'Orologi da Polso, auxquels je présente toute ma sympathie attristée qui est aussi celle de toute l'équipe d'Edipresse Luxe.