Peu de marques affichent une telle énergie produite par (presque) un seul homme. Hugo Lesizza préside aux destinées de Perrelet, accompagné d’une équipe ultra-restreinte au sein du géant Festina auquel la maison appartient.
À peine rentré de Dubai, « excellent salon à l’audience très qualitative », le cap est mis sur 2026. Avec un objectif : la diversification. Car dans l’immédiat, Perrelet, c’est la turbine, et inversement. Un marqueur identitaire fort et quasiment unique sur le marché, à l’exception peu notable du rotor inversé de la maison Dior (pièces d’artisanat d’art, en séries ultra-limitées, exclusivement féminines). Mais Perrelet n’entend pas rester une maison « mono-produit »
La collection Week-End se place pour cela en entrée de gamme, avec trois aiguilles et date. Grâce aux mouvements Soprod qui les animent et qui sont fabriqués en interne, le positionnement est très abordable - en deçà de la gamme équivalente « 1975 » de Maurice Lacroix, par exemple. Les deux nouvelles lignes féminines, Cléopâtre et Eleonore, offrent quant à elles une interprétation plus joaillière de la Turbine, pour la sortir de son « look & feel » aéronautique. Le récent partenariat avec Diaa Alama entrouvre enfin une porte artistique qui, là encore, élargit l’horizon de la marque.
À pas comptés
Pour autant, Perrelet avance à pas comptés et avec mesure. Ce n’est pas parce que le catalogue des calibres Soprod est quasiment en libre-service qu’il faut y prendre n’importe quoi. « La turbine n’est pas connectée au mouvement, nous pouvons donc potentiellement y adjoindre toutes les complications que l’on veut, mais cela doit rester cohérent et lisible », souligne Hugo Lesizza.
Il est encore trop tôt pour dévoiler les axes de travail 2026, mais le CEO donne quelques pistes. En renvoyant notamment au passé de la marque. Il ne faut pas oublier que la prééminence de la Turbine est certes incontestable...mais pas si ancienne : 2009. Avant cela, Perrelet se démarquait par ses phases de Lune, ses régulateurs rétrogrades, ses heures sautantes, entre autres. Exactement comme un certain...Maurice Lacroix, justement. Mais Perrelet n’entend pas réinvestir massivement le terrain de la complication, notamment parce que le principe même de la turbine brouille quelque peu la lisibilité du cadran, qui ne pourrait s’encombrer de multiples fenêtres, guichets et compteurs.
Et demain ?
Où donc attendre Perrelet en 2026 ? La marque ouvre quelques pistes. On n’y parle pas encore de montre réalisée sur mesure par IA, comme chez Swatch, mais d’un configurateur en ligne qui permettrait à chacun de jongler avec les différentes options existantes de couleur, de bracelet, pour dessiner sa propre Perrelet. Pourquoi pas avec une gravure personnalisée ?
La maque est également encore vierge d’ambassadeurs. Elle n’est pas non plus sponsor d’un quelconque événement. Certes, l’affichage du chef Philippe Etechbest avec sa Perrelet a offert un coup de projecteur à la maison, mais il ne s’agissait en aucun cas d’un partenariat, l’homme - par ailleurs collectionneur et aujourd’hui ambassadeur TAG Heuer - ayant acquis sa montre à titre personnel. « Mais nous sommes régulièrement approchés dans le domaine du sport ou justement de la gastronomie », confie Hugo Lesizza, qui ne se ferme aucune porte. Et qui, faute d’avoir obtenu un sésame pour être introduit à Palexpo durant Watches and Wonders, sera présent avec une suite en duplex au Beau-Rivage, tant pour Perrelet que pour Leroy.