La Coupe du monde de football débute la semaine prochaine au Canada, au Mexique et aux États-Unis. Hier, le 2 juin, nous avons également publié une interview exclusive de Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France et ambassadeur Hublot, tout comme le capitaine des Bleus, Kylian Mbappé. Actuellement première nation au classement mondial, la France saura-t-elle confirmer son statut cette année ? Son premier match, face au Sénégal, est programmé le 16 juin, tandis que le vainqueur de la compétition sera connu le 19 juillet.
Jusqu’à fin 2025, Hublot figurait parmi les partenaires de la Coupe du monde. Cette année, pourtant, l’événement se déroule sans sponsor horloger ni partenaire officiel de chronométrage. La seule présence notable dans ce domaine est celle d’Axia, fabricant des montres officielles sous licence FIFA World Cup 2026™, déclinées aux couleurs de chaque nation participante. Axia ? Je me suis posé la même question la semaine dernière. Derrière ce nom qui évoque davantage une compagnie d’assurances ou une marque de céréales se cache une société horlogère fondée en 2018 par John Kanaras, dans le New Jersey. La marque produit des montres automatiques Swiss Made commémoratives pour des universités, des entreprises, des événements sportifs et diverses organisations. Les premiers modèles sont proposés aux alentours de 600 francs suisses.
Pourquoi aucune maison horlogère suisse n’a-t-elle pris le relais après Hublot ? Après tout, la Coupe du monde de la FIFA est probablement l’événement sportif consacré à une seule discipline, le plus suivi de la planète. Cette situation me rappelle celle du cyclisme il y a quelques années : longtemps délaissé, il attire désormais toutes les convoitises. Breitling a au moins misé sur le géant blond norvégien Erling Haaland, buteur vedette de l’une des grandes surprises de cette édition. La Norvège s’est en effet qualifiée pour la Coupe du monde pour la première fois depuis 1998. Et pour citer un autre exemple, un certain Argentin disputant sa sixième Coupe du monde a collaboré à une édition ajourée de l’Audemars Piguet Royal Oak Leo Messi. Les partenariats horlogers individuels sont donc nombreux dans l’univers du football. En revanche, le partenariat majeur à l’échelle de la compétition reste vacant.
Les chiffres publiés récemment alimentent également ma réflexion. Je ne sais pas encore exactement quelle lecture en faire, mais en choisissant d’adopter une vision optimiste, le tableau n’apparaît pas si sombre. Certes, les tensions géopolitiques demeurent bien présentes. Toutefois, le 29 mai, Richemont a publié son rapport annuel pour l’exercice 2026 et, selon son président Johann Rupert, le groupe a enregistré une « solide performance pour l’exercice clos au 31 mars 2026 ». Les ventes ont progressé de 11 % à taux de change constants et, après deux années particulièrement difficiles, la division des horlogers spécialisés du groupe a renoué avec une légère croissance, malgré un recul de 4 % aux taux de change réels.
La Fédération de l’industrie horlogère suisse, qui a publié ses dernières statistiques le 2 juin, évoque quant à elle une baisse cumulée de 3,9 % des exportations horlogères suisses depuis le début de l’année 2026. Certes, les exportations affichent également un recul de 16,6 % par rapport à avril 2025. Mais il convient de nuancer ce chiffre : le marché américain a chuté de 56 %, comparé à une période exceptionnelle durant laquelle les exportations avaient fortement progressé à la suite des annonces de futurs droits de douane. Plutôt que de tirer la sonnette d’alarme, je préfère comparer les résultats à ceux de 2024. Sous cet angle, la situation apparaît bien différente : les États-Unis, la France et Singapour enregistrent une progression, tandis que le recul observé en Chine et à Hong Kong semble ralentir.
Dans ce contexte, espérons que cette dynamique positive se poursuive durant l’été et que cette Coupe du monde tienne toutes ses promesses. Quant à savoir quelle équipe je soutiendrai, la réponse n’est pas si simple : Suédois d’origine, installé en Suisse depuis 2012 et marié dans une famille française, je risque d’avoir un agenda particulièrement chargé.