Ayant eu la chance de les interviewer pour le New York Times l'an passé, je connais et apprécie leur travail. Reste une question qui me taraude : comment assurer la viabilité d'une structure qui, en 2025, produisait 20 montres à 60 000 francs pièce, soit 1,2 million de chiffre d'affaires, pour faire tourner 13 collaborateurs, financer la R&D et couvrir les charges courantes ? Le volet mentorat du Prix gagnerait peut-être à intégrer une solide dimension entrepreneuriale.
Jeudi soir, c'est le Prix Piaget Young Talents 2026 de la HEAD – Genève, Haute École d’Art et de Design, qui a mis en lumière un autre jeune talent : Frédérique Faucher, étudiante en deuxième année, dont la bague cocktail aux accents fruités mériterait incontestablement de passer en production.
Dans la journée, Omega avait dévoilé la collection Constellation Observatory : neuf références (quatre en acier, cinq en matériaux précieux) toutes logées dans le boîtier « pie pan » des années 1950, avec des cornes coudées qui accentuent le caractère vintage. Proposer un Master Chronometer sans trotteuse peut sembler paradoxal, mais cette audace du « parce qu'on peut » me séduit. Elle rappelle d'ailleurs un certain double tourbillon de RJ Watches, dont la seule indication était le jour ou la nuit selon le tourbillon en action. Ici, même esprit : une pièce pour initiés, espiègle, singulière et d'une précision absolue.
Précision que vient renforcer un nouveau standard de certification du Laboratoire de Précision, capable de générer 120 000 mesures sur un cycle de 15 jours, contre une seule par jour pour une certification COSC classique. Une mine de données au service d'une horlogerie toujours plus exacte. Comme le résume Raynald Aeschlimann, Président et CEO d'Omega : « On veut toujours progresser. Quand on a marché sur la Lune, on veut aller sur Mars ! »