Le Matin - 28 juillet 2009
Vincent Donzé

Piloter un bolide de 570 ch sur un circuit mythique, c'est un sacré défi pour un «simple» horloger. Président de Blancpain, Marc A. Hayek a tenu tête à des pilotes professionnels, ce week-end, sur le circuit mythique de Spa-Francorchamps (B). A 280 km/h! Pour assouvir sa soif de vitesse et de compétition, le petit-fils de Nicolas G. Hayek sacrifie ses congés et ses vacances à la compétition.
Tandis que son staff distribue des tampons auriculaires et que sa maman scrute le ciel chargé de nuages, Marc A. Hayek échange quelques mots dans les stands avec son coéquipier hollandais Peter Cox, ancien vainqueur des 24 Heures de Spa: «L'expérience fait la différence, mais Marc apprend vite», glisse ce pilote professionnel.
Soucieux de rouler utile, Marc A. Hayek sponsorise une compétition monomarque baptisée Lamborghini Blancpain Super Trofeo. Six circuits en six mois, trois courses de 40 minutes avec changements de pilote: le rythme est soutenu pour les treize équipes engagées. «Je n'ai pas le temps de m'entraîner et d'entretenir ma condition physique», regrette Marc A. Hayek. Sa préparation s'est limitée à deux jours de tests sur la Gallardo LP560-4.
Première course, premier podium, sur la troisième marche: le circuit de Spa a souri ce week-end à la Lamborghini de Marc A. Hayek et Peter Cox. Dans les stands, Alain Delamuraz jubile: fils de conseiller fédéral et petit-fils de garagiste, le vice-président de Blancpain applaudit en connaisseur, lui qui a piloté une formule 3: «Mon premier argent de poche, je l'ai gagné en lavant des pare-brise.»

C'est dans le clan familial que Marc A. Hayek recrute ses fans les plus fidèles. Sa supportrice No 1, c'est sa maman, Nayla. Présente sur tous les circuits, la sœur de Nick Hayek se rassure en pensant que «c'est plus dangereux de conduire sur les routes que sur un circuit».
«J'ai toujours aimé les sports à risque», confie Marc A. Hayek. Ecolier, il a fait du vélo jusqu'à devenir champion suisse de BMX. La moto, puis la voiture de compétition, c'est une suite logique pour l'horloger de Paudex (VD): sa mère a toujours aimé conduire et son grand-père ne boude pas la F1 à la TV.
Avant d'être commercial, le partenariat entre Blancpain et Lamborghini est d'abord technologique. Ce qui réunit les deux marques, c'est la fibre de carbone: «Une montre comme une voiture, ce n'est rien d'autre que de la mécanique avec des échappements et des embrayages», résume Alain Delamuraz.
