Romandie News - 21 mars 2011
ats/rp
A Bâle, les carnets de commandes devraient se remplir malgré les soucis causés par le franc fort, la crise dans les pays arabes et le séisme au Japon.
Evénement marquant de la branche, le Salon mondial de l'horlogerie et de la bijouterie sera inauguré pour une semaine jeudi par le conseiller fédéral Didier Burkhalter. Près de 1900 exposants sont attendus - un peu moins que l'année passée - dont un quart de Suisses (466, dont 307 pour la seule horlogerie).
L'édition 2011 surfera sur une vague d'euphorie, liée au boom des exportations horlogères. Après un exercice 2009 plombé par la crise financière et économique, le secteur a vu ses ventes à l'étranger bondir de 22,1% à 16,2 milliards de francs l'an dernier.

Cette année s'annonce favorable, a expliqué à l'ATS Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH). Le record des 17 milliards de francs enregistré en 2008 pourrait être battu.
L'exercice 2011 a d'ailleurs bien commencé. Les exportations ont augmenté de 16,9% en janvier à 1,14 milliard de francs. Février devrait connaître la même tendance. Rien ne permet de prévoir que les chiffres seront moins bons, a ajouté Jean-Daniel Pasche. Ils seront connus mardi.
Dans ce contexte, à Baselworld, les commandes pourraient affluer. Mais des incertitudes demeurent. La cherté du franc met à mal les marques helvétiques, qui doivent s'adapter en conséquence et risquent de réduire leurs marges pour rester compétitives.
La situation explosive dans les pays arabes apporte aussi une ombre au tableau. Le Moyen-Orient est un client majeur du secteur du luxe et de l'horlogerie. Les quatre pays affectés actuellement ne sont toutefois pas des marchés primordiaux pour la branche qui est confiante pour l'instant, précise Jean-Daniel Pasche. Reste à savoir si des Etats voisins, plus importants, seront touchés.
Le séisme survenu il y a dix jours au Japon constitue l'incertitude de dernière minute, l'invité dont le secteur se serait bien passé. Pour Jean-Daniel Pasche, l'impact est difficile à évaluer, même si le marché nippon apparaît en délicatesse depuis des années, en raison du manque de dynamisme de l'économie du pays.
La semaine dernière, la manifestation n'avait pas enregistré de désistement et les douze exposants japonais annoncés restaient attendus. En revanche, si quelque 300 à 400 visiteurs et 80 journalistes nippons avaient fait le déplacement à Bâle l'an passé, il est difficile de savoir s'ils vont revenir cette année.
Les exposants auront aussi les yeux rivés sur l'Asie et plus précisément sur la Chine, où leurs ventes continuent de bondir. C'est le quatrième marché d'exportation, rappelle le président de la FH. Mais la Chine est aussi un pays producteur de montres dont des représentants exposeront à Bâle, un concurrent qu'il s'agira de garder à l'oeil.
Baselworld se tiendra jusqu'au 31 mars. L'édition pourrait être celle des superlatifs. Plus de 100'000 visiteurs sont attendus cette année encore, selon les estimations des organisateurs.
