
Cette catastrophe a d'autant plus marqué les esprits quand on apprit qu'elle était due à l'imprécision de la montre du conducteur de l'un des deux trains. Celle-ci affichait en effet un retard de plus de quatre minutes ! Il ne s'agissait donc pas d'une erreur humaine, mais de la défaillance technique d'un simple garde-temps.


Aussitôt la cause de l'accident connue, les responsables des deux plus grandes compagnies ferroviaires américaines de l'époque se tournèrent vers le petit horloger de Cleveland, Webster Clay Ball, dont la réputation de chronométrier était déjà reconnue. Nommé inspecteur chef des chemins de fer fédéraux américains, Webster C. Ball fut chargé de procéder à des tests de chronométrage de toutes les montres des employés du rail. Parallèlement, le nouvel “horloger du rail” fit interdire l'usage de toute montre dont l'écart de précision dépassait 30 secondes par jour et mit en place un système de standardisation de l'heure répondant à des critères de précision et de fiabilité extrêmement stricts.

Affiche publicitaire „Ball Watches The Railroad Standard”. © Ball Watch
Les prescriptions de Webb C. Ball étaient d'une telle rigueur qu'elles édictèrent les bases de la certification COSC, établie en 1973 par la Société Suisse de Chronométrie et toujours en vigueur à ce jour.
Bientôt, l'usage des montres signées “Ball's Standard” s'étendit à la presque totalité du réseau ferroviaire américain et leur notoriété dépassa largement les frontières du continent. Webster Ball reçut par la suite les honneurs des instances internationales, non seulement pour sa contribution civique à la sauvegarde de vies humaines, mais aussi pour son rôle clé dans l'histoire de l'horlogerie.

Ball & Co., Cleveland, Ohio (USA). Vacheron & Constantin, Suisse, N° 288336. © Ball Watch

