Tribune de Genève - 20 mai 2010
Gabriel Tortella - "Les propos de Gabriel"

C'est incroyable ce que j'ai pu entendre sur Audemars Piguet ces derniers temps, et ce sont des choses qui ne sont pas très agréables. Pour ces oiseaux de mauvais augure, les collaborateurs de cette manufacture partiraient les uns après les autres et, pire encore, les montres se vendraient moins bien. Toutes ces rumeurs me faisaient mal au cœur. Aussi, j'ai décidé d'en avoir le cœur net. Et un beau matin, je me suis rendu dans la Vallée de Joux, au Brassus, où se trouve le siège d'Audemars Piguet. J'ai ainsi pu rencontrer le directeur, Philippe Merk, et, auparavant, son assistante, Nathalie Monnier. Celle-ci m'a tout de suite rassuré en me disant qu'elle éprouvait beaucoup de bonheur en travaillant avec un grand patron ainsi qu'avec son bras droit Wolfgang Sickenberg, directeur des ventes et directeur pour l'Europe. A travers ses propos, j'ai compris que Philippe Merk a beaucoup de passion pour Audemars Piguet et ressent un tout aussi grand respect pour le monde de l'horlogerie. Et quand je l'ai enfin rencontré, il a mis tout de suite les choses au point. Non, il n'y a pas d'hémorragie de personnel, si l'on excepte quelques départs prévus de longue date. Mieux, Philippe Merk et toute son équipe s'apprêtent à réaliser une nouvelle gamme de montres qui vont ravir le monde entier. Vous les découvrirez au SIHH, en janvier prochain.
Bref, sur le chemin du retour, je constatais avec bonheur que toutes les rumeurs négatives colportées ces temps étaient sans fondement. Je ne regrettais pas de m'être levé à 5 heures du matin pour rencontrer un patron si prestigieux, qui est toujours le premier arrivé dans son bureau, tout simple mais bien structuré, qui laisse deviner que son occupant a les idées très claires. Quand on sait qu'il habite à Lausanne et qu'il se rend au Brassus tous les jours, par tous les temps, je ne peux que l'admirer. Il délaisse ainsi sa femme ravissante et ses deux enfants adorables. Au fond, ça a été pour moi un privilège de pouvoir le rencontrer en tête-à-tête et de réaliser qu'il accomplit, jour après jour, un travail extraordinaire.
CONFIDENTIEL
Lors de la dispersion de la maison Antiquorum, les 9 et 10 mai à Genève, une grande collection de pendulettes Jaeger-LeCoultre s'est très bien vendue, alors qu'il y a quelques années, personne n'en voulait. La trentaine de lots proposés ont fait de deux à cinq fois leur estimation. Même le musée consacré à cette marque a renchéri pour acquérir juste une pièce.
• Je vous rappelle les résultats des ventes aux enchères genevoises la deuxième semaine de mai. Antiquorum a réalisé 6,4 millions de francs, 80% des 331 lots étant vendus – et ils représentaient 134,62% en valeur. De son côté, Sotheby's a réalisé un score honorable de 6,8 millions de francs. Mais c'est Christie's, une fois de plus, et son insurpassable Aurel Bacs qui plafonnent à 23,1 millions de francs. Ces résultats m'inspirent une réflexion. Alors qu'on a moins confiance dans les banques, l'horlogerie et l'art, d'une façon générale, apparaissent de plus en plus comme des refuges. Et les montres peuvent atteindre ainsi des prix astronomiques, à condition que la qualité soit bien là. J'en veux pour preuve le prix fabuleux de 6,26 millions de francs atteint par une montre-bracelet Patek Philippe chez Christie's. Un de mes amis, d'origine italienne, s'est battu jusqu'au bout. Enfin, presque! GT

