Jean-Frédéric Dufour - «L'alchimie est bonne»

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Interview du CEO de Zenith, en poste depuis 6 mois.
GMT - Automne-hiver 2009Propos recueillis par Brice Lechevalier Zenith_327057_0

Quelle image de Zenith aviez-vous lorsque le poste de CEO vous a été proposé?
L'image que je continue d'avoir aujourd'hui, à savoir celle d'une magnifique manufacture horlogère qui a une histoire ininterrompue de 144 ans et qui fabrique le meilleur chronographe automatique du marché, El Primero, le premier et le seul chronographe haute fréquence fabriqué au Locle depuis 1969. Nous en avons précisément fabriqué 600'000 en 40 ans et nous en réparons moins de 1% par an. Si cela n'est pas la meilleure preuve de sa fiabilité!

Quelle image en ont vos clients aujourd'hui d'après-vous?

Depuis que j'ai commencé le 3 juin, j'ai visité plus de 100 points de vente qui représentent Zenith, en Europe, aux USA mais aussi en Asie. Tout le monde s'accorde pour dire que Zenith est une marque qui a une excellente image en termes de qualité et de précision. Les clients qui recherchent nos montres sont à la recherche d'une vraie valeur ajoutée. Nous pouvons leur offrir cela avec notre savoir-faire qui a été légitimé par le dépôt de plus de 170 brevets et l'obtention de 1'500 prix.

Que s'est-il passé chez Zenith depuis votre prise de fonction le 1er juin?

Beaucoup de choses! Des événements graves comme l'activation d'un plan social mais aussi de beaux projets comme le lancement de nouvelles collections pour Bâle 2010. Je veux arriver à fédérer l'ensemble des équipes, nos 44 métiers, derrière moi pour confirmer ces prochaines années la place de Zenith sur le marché du chronographe haut de gamme. L'alchimie est bonne, je me sens bien dans le fauteuil de patron de cette marque, j'ai beaucoup de chance d'avoir du plaisir à venir travailler le matin. Je crois que je peux dire qu'aujourd'hui le courant passe bien entre les différents membres de l'équipage du paquebot Zenith.

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Quelles opportunités pour Zenith voyez-vous dans la crise actuelle?
Comme chaque fois que nous traversons une crise, les cartes sont redistribuées; j'ai lu qu'en chinois le mot crise se traduit par «danger» et «opportunité», nous ferons attention, mais nous ferons tout pour consolider notre place de leader sur le marché du chronographe et de la montre mécanique.

Ne pensez-vous pas que la course aux grandes complications va s'essouffler et que les amateurs d'horlogerie vont se replier sur des fonctions utiles et plus sobres?
Ce qui va s'essouffler, c'est le fait que n'importe quelle marque soit capable de proposer un Tourbillon ou autre complication sans aucune légitimité. Aujourd'hui, toutes les montres qui sont manufacturées par Zenith sont équipées d'un mouvement Zenith. Nous sommes capables de réparer toutes les montres que nous avons fabriquées, sans limite dans le temps. Nous offrons une vraie valeur ajoutée. C'est cela que les clients recherchent aujourd'hui quand ils investissent de l'argent dans un garde-temps.

Quelles réorientations produits allez-vous mettre en place à moyen terme, allez-vous conserver les montres dame dans les collections Zenith?
Bien sûr qu'il y aura toujours de la place chez Zenith pour les femmes. Nous fabriquons des montres mécaniques 100% manufacturées. Il y a une réelle demande aujourd'hui pour ce genre de produit. Quant à l'ensemble de la collection, nous allons l'orienter sur les collections de Haute Horlogerie, Defy pour les montres sportives, El Primero comme étant le «benchmark» en matière de chronographe et Elite pour les montres classiques.

À quoi doivent s'attendre les amateurs de la marque au prochain Baselworld?
Nous travaillons très fort sur un nouveau projet pour notre collection El Primero. Nous voulons ramener toute l'émotion des années 1969 dans un produit du 21e siècle! Nous avons un certain nombre de belles surprises que je me réjouis de dévoiler dans 6 mois.

Sur quels marchés allez-vous concentrer vos efforts ces prochaines années, pourquoi?
Zenith est distribuée dans le monde entier, il n' y a pas de marchés favorisés, il y a en revanche des marchés qui subissent aujourd'hui mieux la crise que d'autres. Je pense notamment à l'Asie.

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