
On connaissait le tourbillon classique, le tourbillon incliné et le gyrotourbillon. Tentant chacun à leur manière, de compenser les effets néfastes de la gravité sur la précision d'une montre. Une lutte qui devint nécessaire dès lors que les montres se sont réfugiées dans nos poches, et plus encore lorsqu'elles se sont retrouvées à nos poignets, ballottées en tous sens. Mais s'il est vrai que ces artifices mécaniques ont une action notable, il ne s'agit jamais que de compensation; l'idéal étant de parvenir à garder l'organe régulateur et l'échappement en position horizontale constante. Tel est le miracle accomplit par la Christophe Colomb de Zenith. Grâce à une complication comptant 166 composants, là où un tourbillon classique en recense quelque 66, elle est la première montre-bracelet dont la marche est totalement affranchie des mouvements de son porteur.

Inspirée des boussoles de marine
Tout se passe dans une “bulle” de saphir formée par les deux glaces protégeant le cadran et le fond du boîtier. À l'intérieur: un module gyroscopique unique qui, quoi qu'il se passe, maintient l'organe régulateur en parfaite position horizontale. Et c'est là qu'on en vient au nom du modèle, Christophe Colomb. Car ce système s'inspire des boussoles de marine montées sur cardans qui, un siècle après les exploits du célèbre explorateur, ont boosté la navigation en haute mer. Il s'agit là d'une sorte d'articulation universelle positionnée sur une tige qui permet à la boussole de tourner lorsqu'elle n'est plus alignée. Girolama Cardano, ce mathématicien du XVI e siècle qui a donné son nom à l'articulation sans s'en approprier l'invention, en aurait eu l'idée en contemplant une chaise à porteur réalisée pour l'empereur Charles V . Celle-ci était équipée d'un système annihilant les dénivelés de terrain et gardant le siège du souverain toujours plat et stable, même si un porteur venait à trébucher. De la chaise “magique”, on sera donc passé à la boussole marine, aux chronomètres de marine (qui s'en trouvèrent par la suite dotés) et enfin à une montre qui, il faut bien l'avouer, recèle aussi quelque chose de magique.
Autre petite anecdote au passage: ce n'est pas la première fois que le nom de Christophe Colomb se retrouve chez Zenith. Dès le début du XX e siècle, les registres de la marque mentionnent un mouvement chronomètre Lépine dont l'échappement avait été baptisé “Échappement Colomb”. Il fut d'ailleurs primé par l'Observatoire de Neuchâtel et celui de Kew Teddigton. Ceci explique donc en partie cela. Mais on y ajoutera encore toute la symbolique d'un explorateur de cette envergure…

Mais revenons sur terre. On ne sera pas étonné d'apprendre que la nouvelle création de Zenith aura demandé cinq années intensives de développement. Alors, pour que l'écrin soit à la hauteur du trésor, le boîtier se décline en or bien sûr, blanc, rose ou jaune, pour une édition limitée à 25 pièces chacune. Entre objet d'une autre dimension et classicisme d'un autre temps, il enserre un cadran argenté guilloché “Grain d'orge”, parcouru d'aiguilles en acier bleuies et complété d'un bracelet en alligator à triple boucle déployante. Les indications étant réparties au gré d'un cadran excentré à 12 h des heures et minutes, d'une petite seconde positionnée à 9 h et d'une réserve de marche lisible sur un segment entre 2 h et 4 h. Mais c'est de profil que le modèle dévoile toute son extravagance.
Caractéristiques techniques:
Montre Christophe Colomb en or rose (existe aussi en or blanc et or jaune) sur bracelet en alligator noir à triple boucle déployante, fond saphir, avec cadran argent guilloché, heures et minutes à 12 h, petite seconde à 9 h, réserve de marche à 3 h et module gyroscopique auto-régulateur à 6 h. Mouvement Academy 8804 à remontage manuel battant à 36 000 alt/h. Série limitée à 25 pièces pour chaque version.
