Plonger nos clients dans un seul univers

3 minutes read
La marque à la croix suisse souhaite harmoniser l'esthétique de ses produits. Les montres, qui représentent 20% des ventes, sont également mises au diapason.


WORLDTEMPUS – 28 octobre 2011

Propos recueillis par Fabrice Eschmann

Victorinox Swiss Army réalise quelque 20% de son chiffre d'affaires dans l'horlogerie. Avec François Nunez comme nouveau directeur produits, ancien d'Audemars Piguet et de Rado, la marque cherche à harmoniser l'esthétique de ses collections. Interview avec le CEO de la division Timepieces, Alexander M. Bennouna, à l'occasion d'une visite sur le site d'assemblage et d'expédition à Porrentruy.Victorinox_331304_0

Fabrice Eschmann: Vous produisez ici à Porrentruy quelques 500'000 montres par an, dont 20% de montres mécaniques. Allez-vous augmenter cette part?

Alexander M. Bennouna: Non, nous voulons nous stabiliser dans le segment de prix qui est le nôtre, soit 300 à 2500 francs. Le prix moyen est de 700 francs, qui correspond au dernier prix d'un chronographe à quartz et au premier prix d'une montre mécanique trois aiguilles.

Où vous fournissez-vous en mouvements?
Chez ETA.Victorinox_331304_1



Et à l'avenir?
Chez ETA. Cela fait 10 ans que nous travaillons avec eux et nous avons de très bonnes relations. Nous n'avons jamais acheté que des mouvements finis, pas d'assortiments. Nous avons toujours joué la transparence sur leur provenance, sans les rebaptiser «Victomatic» ou quelque chose comme ça!

Quel est le marché le plus important pour les montres Victorinox Swiss Army?

Historiquement, ce sont les Etats-Unis, avec 45% des ventes. Il y a ensuite l'Europe, puis l'Asie.

La TSR a dernièrement révélé dans son émission TTC que les couteaux Victorinox rencontraient quelques problèmes en Arabie saoudite en raison de la croix suisse de votre logo, considérée comme un symbole chrétien…
C'est la raison pour laquelle nous n'y sommes pas présents avec nos montres. Nous n'avons pas encore trouvé de détaillants qui veuillent prendre le risque de nous représenter.

Victorinox_331304_2



Pourquoi ne pas changer le logo, comme vous l'avez fait pour les couteaux de poche?
Ce n'est pas un détail au niveau industriel, cela peut affecter les processus de fabrication et de stockage. Mais cela reste quelque chose de maîtrisable.

D'autres pays vous posent-ils le même genre de souci?

C'est un problème complexe. Cela dépend de l'actualité: par moments, la croix suisse est sujette à polémique. Quand cela arrive, nos partenaires se font discrets, en retirant par exemple les produits des vitrines.

 

Victorinox_331304_3


Où?
Cela peut arriver au Koweït et en Indonésie, mais c'est rare…

Victorinox Swiss Army est active dans les couteaux et l'horlogerie, mais aussi dans la bagagerie, la mode et les parfums depuis peu. Quel est le rapport entre ces produits?
La multifonctionnalité et la qualité sont deux valeurs se retrouvent partout chez nous. Pour ne citer qu'un exemple, nos flacons de parfum sont conçus de telle manière qu'il est possible d'en détacher un petit contenant de 30 ml passant tous les contrôles aéroportuaires.

Prévoyez-vous d'autres diversifications?

Nous sommes plutôt dans une phase de consolidation et de recherche de synergies.

 

Victorinox_331304_4



Allez-vous regrouper la fabrication de tous vos produits sur un seul site?
Non, il n'en est pas question. Pour des raisons de savoir-faire essentiellement. Par contre, nous cherchons des synergies au niveau de la distribution: nous possédons quatre flagships, à Düsseldorf, Londres, Genève et New York. Nous allons en ouvrir d'autres à l'avenir. Si un client vient acheter un couteau par exemple, il faut qu'il ait accès à tous nos produits. L'idée est de lui faire découvrir l'univers de la marque.

D'autres synergies possibles?

Oui, au niveau des produits eux-mêmes: nous cherchons une harmonisation au niveau des couleurs, ainsi qu'à reprendre des éléments d'un article à l'autre. Sur notre dernière montre par exemple, le modèle Alpnach, le bracelet est en nylon balistique, un tissu très technique que nous utilisons aussi dans la bagagerie.

/ BIPH