Les gammes Turbine et Double Rotor tirent vers le haut les ventes de la marque. Fausto Salvi, son CEO, s'explique sur sa stratégie maintenant qu'une base ferme a été posée.
WORLDTEMPUS – 28 juin 2011
Propos recueillis par Louis Nardin
Le Veloptuous Times s'est terminé par une avant-dernière étape dans la ville de Bienne. Anders Modig et moi-même en avons profité pour découvrir Perrelet, une marque qui se construit un nom grâce à deux modèles forts: le Double Rotor et la Turbine.
Après avoir vu passer plusieurs CEO en peu d'année, la marque est dirigée depuis novembre 2009 par Fausto Salvi. Après avoir dirigé le département montres d'Hugo Boss, et fort de plusieurs expériences tant dans la finance que le marketing et la vente en horlogerie, il accepte le défi de faire exister une marque fondée en 1995 et propriété depuis 2005 du groupe Festina (Soprod – fabrication de modules et calibres -, et les marques dont Leroy, Candino, Festina, Jaguar, Lotus et Calypso.) Aujourd'hui, Perrelet écoule 5'000 montres par an pour un prix moyen de 5'000 francs. La gamme débute à 2'000 francs pour un maximum de 8'000 francs.

Worldtempus: Quelles ont été vos priorités lors de votre arrivée à la tête de Perrelet en novembre 2009?
Fausto Salvi: La marque disposait d'atouts à travers des modèles forts comme le Double Rotor par exemple. Mais son positionnement prix était flou, certains pays pas assez performants et le catalogue trop riche en références puisqu'il avoisinait les 500 modèles. J'ai donc redéfini les collections, révisé la structure des prix, optimisé la distribution et poser les bases marketing et en communication. Aujourd'hui, les premiers espaces de ventes en Chine dédiés uniquement à Perrelet seront inaugurés en juillet et en octobre. Nous menons par ailleurs une politique de soutien à nos détaillants en encourageant les synergies entre eux et la marque.
Quels effets ont eu ces mesures?
Aujourd'hui le catalogue compte 134 références. Le nombre de pays où la marque était présente a été réduit de 10 pour se stabiliser à 35. Mais le réseau de distribution reste encore en reconstruction. A la différence que Perrelet dispose désormais d'une base solide et cohérente permettant de travailler avec les acteurs-clé de ce secteur et de la vente également.

Les collections Turbine et Double Rotor incarnent la marque. Comment vont-elles évoluer?
Effectivement, ces deux collections disposent d'une identité forte et non pas d'équivalent sur le marché. Elles sont devenues des icônes de la marque grâce aux parties mobiles, un rotor ou une «turbine» visible côté cadran. A la fois élégantes et décalées, elles sont appelées à évoluer fortement. Nous préparons déjà une version spéciale «USA» ainsi qu'une autre dédiée à l'univers du Poker et une dernière dans le registre érotique cette fois. Les déclinaisons féminines de ces gammes s'étofferont également.
Comment est organisée la production des montres Perrelet?
Nous bénéficions de synergies au sein du groupe Festina si bien que les montres sont toutes assemblées et contrôlées dans des ateliers à Herbestwil près de Soleure. Pour le moment, les mouvements proviennent de chez ETA mais Soprod nous en fournira dès la fin de l'année. Toutes les activités administratives et de gestions sont, elles, concentrées à Bienne.

A quels défis l'horlogerie suisse doit-elle aujourd'hui faire face?
Je lie la croissance de l'horlogerie suisse à ses capacités de production. Les taux de progression à deux digits annoncés par plusieurs marques me surprennent et interrogent quant à la façon dont on peut soutenir cette croissance. De la promotion doit être faite pour encourager le renouvellement de la main-d'œuvre dans l'industrie horlogère. Pour maintenir, voire augmenter, les volumes de production actuels ainsi qu'une qualité digne du savoir-faire helvétique, il faut susciter plus d'intérêt chez les jeunes générations pour les métiers de l'horlogerie et, même plus important encore, de son industrie. Et l'Asie, pour les entreprises qui y ont recours, ne constitue pas une alternative solide. Les salaires augmentent, la surveillance sur les conditions de travail s'accentue, et les temps de production restent longs et complexes compte tenu de l'éloignement, sans parler des problèmes de qualité. Pour toutes ces raisons, et aussi pour assurer la continuité d'un savoir-faire, des solutions sont à trouver pour faire connaître ces métiers et démontrer leur valeur.
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