L'effet du repositionnement

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Le CEO fait le point sur les défis de croissance qui attendent le fournisseur de mouvements.

L'Agefi - 6 juillet  2011

Propos recueillis par Servan Peca

En toile de fond de l'annonce d'hier (La Fabrique du Temps rachetée par Louis Vuitton), il y a toujours et encore le manque chronique de compétences spécifiques dans l'industrie technique et mécanique en général, et dans l'horlogerie en particulier. En marge de la conférence de presse, Florian Serex, CEO de Vaucher Manufacture Fleurier (VMF), fait le point sur ses besoins en ressources humaines et en capacités productives. Ils sont bien sûr conjoncturels, mais aussi structurels, puisque l'entreprise fournisseur de mouvements sort d'une profonde réorganisation. L'élargissement de la gamme de produits déploie déjà ses premiers effets sur les commandes. Pour y répondre, quelque 240 collaborateurs devraient travailler chez Vaucher d'ici cinq ans. Contre 180 aujourd'hui.

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Servan Peca: Dans quelle situation se trouve Vaucher dans le domaine du recrutement?
Florian Serex: Il faut savoir que le RHT ne s'est définitivement achevé qu'en janvier de cette année dans l'entreprise. Depuis, le marché du travail s'est réouvert, et nous avons enregistré des départs de collaborateurs sur lesquels nous comptions. En plus de ces pertes à combler, nous allons devoir procéder à d'autres recrutements découlant, eux, de la restructuration de notre offre pendant la crise.

L'élargissement tant attendu de la gamme.
Oui. Et les modifications apportées à nos process nous permettent désormais d'offrir des produits dont les prix sont divisés par trois, par rapport à nos modèles précédents, beaucoup plus personnalisés. Lesquels continuent d'ailleurs d'être produits.

Comment avez-vous traversé cette profonde mutation?
Même si cela déjà arrivé dans l'horlogerie ou ailleurs, c'est une expérience professionnelle absolument exceptionnelle! Il a fallu revoir le positionnement, reconstruire des produits, élaborer de nouvelle méthodes, etc.. La transformation est telle que certains de nos fournisseurs n'ont pas compris. Nous avons dû en changer parce qu'ils ne sont pas parvenus à s'adapter.

Quels autres marchés vous ouvre ce nouveau positionnement?
Avant, VMF répondait aux besoins du premier quart de la très haute horlogerie. Désormais, l'entreprise peut fournir l'entier du segment de la haute horlogerie.

Vous avez longtemps émis un objectif de production de 20.000 pièces par an. Quand allez-vous y parvenir?
Nous serons à 10.000 pièces cette année et avons déjà enregistré des commandes pour 18.000 pièces en 2012.

Déjà les effets de la nouvelle stratégie?
Clairement. Nous avons d'ailleurs déjà commencé à livrer les premiers nouveaux mouvements.

Comment gérer cette croissance exponentielle? Disposez-vous des capacités de production suffisantes?
Nous avons établi cette année un programme de financement pour les cinq ans à venir. Et il inclut évidemment ce type d'investissements. D'ici cinq ans, il est prévu de pouvoir livrer 35.000 mouvements par année. L'entreprise comptera alors 240 collaborateurs, contre 160 aujourd'hui.

Ces prévisions ont-elles été élaborées sur la base de la dynamique actuelle du secteur horloger?
Elles prennent en compte le rythme actuel. Mais elles sont également été définies en fonction du potentiel des clients libres, au sens concurrentiel du terme, et de la proportion de ceux-ci que nous estimons pouvoir convaincre de nous faire confiance.

Et la décision de Swatch Group de limiter les livraisons d'ébauches et de mouvements finis? Ne modifie-t-elle pas votre stratégie commerciale?
Disons qu'elle en simplifie la mise en place et l'évolution.

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