Grand architecte de la montre

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Jean-Marc Wiederrecht insuffle de la poésie à la Haute Horlogerie mécanique.

Tribune des Arts - Janvier 2011



Il est des lieux qui révèlent des personnalités. Ainsi en est-il du nouvel atelier de Jean-Marc Wiederrecht, ouvert il y a une année, dans la campagne genevoise. Conçu dans les moindres détails par le maître des lieux, il offre une magnifique distribution de l'espace, favorable au travail. D'amples baies vitrées laissent entrer une belle lumière naturelle. Elles sont complétées par des grilles cachées qui, une fois ouvertes, permettent de respirer l'air extérieur. Le bâtiment de deux étages est conçu de manière à respecter complètement l'environnement, produisant 0% de CO2 .Van Cleef & Arpels_329786_0


Avec son regard fin derrière ses lunettes, Jean-Marc Wiederrecht accomplit la plus difficile des tâches horlogères: insuffler de la poésie à la mécanique, en modélisant, réinterprétant et élaborant des mouvements. Voilà trente ans qu'il fait ses gammes, constamment renouvelées, dans l'univers de la Haute Horlogerie. Originaire de la Forêt Noire et de la Chaux-de-Fonds, deux terres à pleine vocation horlogère, il a fait, un beau jour, la rencontre de sa vie professionnelle. Celle de Roger Châtelain, à Genève. “Un authentique artisan horloger dans toute sa splendeur. Il m'a mis les outils dans les mains et, rapidement, je fus convaincu que l'horlogerie serait mon métier.”

Cette initiation a duré cinq années. La propre aventure de Jean- Marc Wiederrecht, perfectionniste et amoureux de la nature, dure, elle, depuis trente-deux ans. En 1978, avec son épouse, toujours en charge de l'administration de l'entreprise, il se lançait comme indépendant. Aujourd'hui, la société Agenhor (Atelier genevois d'horlogerie) qu'il a fondée en 1996, compte 25 collaborateurs et élabore quelque trois projets et réalisations par année. La phase artisanale est dépassée mais l'esprit est resté. Le premier projet, un module permettant d'afficher les phases de lune, se souvient-il, a été élaboré sur une table de cuisine.

Ses premiers contacts avec Van Cleef & Arpels remontent aux années 2002-2003. Conçu en 2005 pour le centenaire de la Maison, le Quantième des Saisons est à l'origine d'un partenariat durable qui a donné naissance à des créations éblouissantes. Jean-Marc Wiederrecht conçoit sa collaboration sur le mode de la passion. “C'est une vraie histoire d'affection réciproque avec cette Maison qui possède une authentique fibre poétique. C'est une collaboration d'un genre nouveau, la Maison me soumettant des dessins sans a priori quant à la réalisation technique. Ce fut le cas pour la montre du Quantième des Saisons qui fait défiler sur un an les quatre saisons du cadran en émail grand feu.”

À une autre occasion, les créateurs de Van Cleef & Arpels, dessins à l'appui, ont également proposé à Jean-Marc Wiederrecht d'étudier le projet d'une fée animant le cadran. Sa concrétisation a nécessité une architecture inédite et très spéciale. Elle a demandé une année et demie de travail, car “c'est souvent la nuit que tout s'élabore et se construit.” De nouveaux concepts ont dû être inventés pour permettre son fonctionnement dans le très petit volume à disposition. “C'est une vraie complication d'horlogerie de haut vol, mise au service de l'esthétique.”

Et Jean-Marc Wiederrecht de conclure: “Les plus beaux produits naissent dans les rêves, se transmettent par les mots et insufflent de la poésie à la mécanique. Van Cleef & Arpels, c'est la culture du beau, du luxe et de la classe.”


légendes:
Montre Lady Arpels Féerie. Or blanc, émail et diamants. Mouvement mécanique à Complication Poétique heures et minutes rétrogrades. 2007. B. L. vision©van cleef & arpels/dr

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