Avec Barbier-Mueller, ensemble contre l'oubli

L'alliance de deux grands noms pour la bonne cause.
Tribune des Arts - Juin 2010Propos recueillis par Sylvie GuerreiroVacheron Constantin_328360_0

Profondément attaché à la culture et aux arts, Vacheron Constantin s'engage aux côtés de Jean-Paul Barbier-Mueller, président des musées éponymes, pour créer la Fondation Culturelle Musée Barbier-Mueller. Son but: lutter contre l'érosion des cultures qui s'est considérablement accrue ces dernières décennies, en étudiant ces petites ethnies encore méconnues, oubliées des ethnologues et des anthropologues. Des travaux qui seront ensuite livrés au public sous forme de conférences avec films et photos à l'appui, données dans les plus grands musées et universités du monde, et d'ouvrages coédités avec les Éditions Hazan (Groupe Hachette). Une mission chère au coeur de Juan-Carlos Torres, directeur général de Vacheron Constantin et vice-président du Conseil de Fondation.

 

Questions-réponses.

Quel dénominateur commun entre Vacheron Constantin et l'art?
Nous sommes une maison artisanale qui, dans l'élaboration de ses montres, fait appelle à de nombreux métiers d'art de l'horlogerie (émail, guillochage, sertissage, etc.). En retour, elle utilise aussi des arts provenant d'autres cultures qu'elle transforme alors en métiers d'art horlogers, comme le maki-e dans la collection La symbolique des laques. Il était donc tout naturel que Vacheron Constantin s'engage dans l'art, mais à condition que celui-ci entretienne un lien profond avec l'artisanat.

Comment votre partenariat avec le Musée Barbier-Mueller est-il né?Pourquoi celui-ci et pas un autre?
Ce partenariat a démarré avec le projet de la série des Masques, lancée en 2007. À Genève, nous avons la chance d'avoir la plus grande et la plus exceptionnelle collection d'art premier privée au monde, celle du Musée Barbier-Mueller, dans laquelle figure une très belle collection de masques ethniques. C'est pourquoi nous l'avons approché afin qu'ils soient fidèlement reproduits sur nos cadrans. Dès lors, une relation s'est établie qui a rapidement donné lieu à une amitié. Et c'est ensemble que nous sommes finalement partis sur l'idée d'une fondation culturelle. Cela répond au désir de toute une vie, de la part de Jean-Paul Barbier-Mueller, de ne pas être résumé à un magnifique objet dans une vitrine, mais de se distinguer par son combat contre l'acculturation et la mondialisation.


Pourquoi est-il important pour vous et votre manufacture?
Récemment, la dernière survivante d'une tribu des îles Andaman, dans le Golfe du Bengale, s'est éteinte. Et avec elle, une des langues les plus anciennes au monde, le “Bo”, qui existait depuis plus de 70 000 ans. Comment rester indifférent? Une langue qui meurt, c'est un incendie qui détruit à jamais tout un patrimoine de coutumes et de savoirs. Si on projette ceci sur d'autres langues, on voit que tout tend à se rassembler sur une poignée d'entre elles… Si ça continue, on va finir par devenir inculte. Nous tous, en tant qu'hommes, nous avons une responsabilité. Nous avons le devoir de transmission, de pérenniser le travail de l'homme, de comprendre, respecter et préserver cette diversité ethnique et culturelle qui enrichissent l'humanité. Or, depuis sa naissance, il y a près de 255 ans, Vacheron Constantin veille à perpétuer un patrimoine et à transmettre les valeurs humaines qui définissent son savoir-faire.
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