Entre les deux mondes de l'automobile et de l'horlogerie, les parallèles sont légion. Rien d'étonnant donc que l'on retrouve les deux étroitement liés.
Le Matin Dimanche - 22 mars 2009
Philippe Clément
Mécanique, moteur, échappement, lunette, cadran… La terminologie horlogère regorge de parallèles avec celle de l'automobile. Recherche de la performance, de la qualité, de la fiabilité, haute technologie mécanique et électronique: voilà encore une série de points communs aux deux domaines. Ça, c'est la partie superficielle qui, à première réflexion, pourrait expliquer cette «union» entre deux domaines a priori éloignés l'un de l'autre.
Mais, en parlant avec des spécialistes horlogers, on se rend vite compte que la similitude est bien plus frappante encore. A tel point que, en cette période de crise, les deux marchés évoluent selon des trajectoires quasi identiques…
Nombreux parallèles
Tout comme l'automobile, l'horlogerie est en crise en Amérique du Nord. Tout comme l'automobile, l'horlogerie connaît un boom sans précédent dans les pays émergents, comme la Chine. Tout comme l'automobile, l'horlogerie souffre de la frilosité des acheteurs engendrée par la crise, mais connaît des pics de vente sur certains marchés. Tout comme l'automobile, ces pics sont parfois amortis, voire annihilés, par des taux de change défavorables. Tout comme l'automobile, c'est le milieu de gamme horloger qui paie le plus lourd tribut à la morosité actuelle…
Une expression de la personnalité
On pourrait multiplier les exemples encore et encore. Comme si les deux domaines étaient indissociablement liés.
Comment l'expliquer? François Thiébaut, membre de la direction générale du Swatch Group et responsable de Tissot, Mido, Certina et Union Glashütte, a son avis sur la question. Avis qu'il livre avec un sourire: «L'homme a plusieurs passions. Si on laisse de côté celles qui sont de nature purement physique, et qu'on se concentre sur les objets, on s'aperçoit que la voiture offre la mobilité, représente un espace confortable et accueillant, à son image et où l'on se sent bien. Et puis elle fait rêver…»
«La montre, elle aussi, a ce pouvoir d'attraction, de séduction. C'est un objet passionnel que l'on porte autour de soi, comme un habit, et non pas à côté comme un téléphone portable. Et puis votre montre, c'est une expression de votre personnalité, tout comme votre voiture. De plus, elle donne le temps. Or le temps est une chose qui file entre nos doigts et que la montre donne l'impression de maîtriser. C'est un subtil mélange de plaisir et de contrainte…»
Un marché de passionnés
Pourquoi, en tant qu'horloger helvétique, être allé courtiser l'IndyCar et le Nascar aux Etats-Unis? Même petit sourire de François Thiébaut: «Nous voulions percer sur le marché américain, or le Nascar et l'IndyCar sont partout, tout le temps, sur les écrans de TV. Devenir chronométreur officiel, ça voulait dire entrer par la grande porte sur un marché de passionnés. Et prouver que nous fabriquons des montres très fiables.» Et Bernie Schreiber, Américain pure souche, ancien champion de trial moto et chef du sponsoring de la marque, d'ajouter avec un clin d'oeil: «Nascar, c'est la deuxième marque la plus connue après Coca-Cola, alors…» Mission accomplie! Tissot a fait mouche aux Etats-Unis et, comme l'IndyCar, s'exporte en Asie…
Vecteur de communication mondial
Chez Certina, l'approche est similaire, comme le souligne le directeur Adrian Bosshard, lui aussi ancien pilote moto: «Certina a une longue tradition dans le sport motorisé. Et nous voulions un vecteur de communication mondial. Quoi de mieux que de s'allier avec une écurie de F1?» Depuis cinq ans, Certina est ainsi devenue le partenaire du Team BMW, ex-Sauber. Et, de plus, la marque compte Robert Kubica, le pilote tchèque, au nombre de ses ambassadeurs. «Nous avons commencé avec lui quand il n'était encore qu'un espoir. Avant ses premiers succès en F1.» Coup double!
Philippe Clément

Des circuits de F1 aux anneaux du Nascar, en passant par les 24 Heures du Mans, automobile et horlogerie ont toujours fait bon ménage. Entre les deux univers, un point commun: la performance à tout prix. (DR)
Mécanique, moteur, échappement, lunette, cadran… La terminologie horlogère regorge de parallèles avec celle de l'automobile. Recherche de la performance, de la qualité, de la fiabilité, haute technologie mécanique et électronique: voilà encore une série de points communs aux deux domaines. Ça, c'est la partie superficielle qui, à première réflexion, pourrait expliquer cette «union» entre deux domaines a priori éloignés l'un de l'autre.
Mais, en parlant avec des spécialistes horlogers, on se rend vite compte que la similitude est bien plus frappante encore. A tel point que, en cette période de crise, les deux marchés évoluent selon des trajectoires quasi identiques…
Nombreux parallèles
Tout comme l'automobile, l'horlogerie est en crise en Amérique du Nord. Tout comme l'automobile, l'horlogerie connaît un boom sans précédent dans les pays émergents, comme la Chine. Tout comme l'automobile, l'horlogerie souffre de la frilosité des acheteurs engendrée par la crise, mais connaît des pics de vente sur certains marchés. Tout comme l'automobile, ces pics sont parfois amortis, voire annihilés, par des taux de change défavorables. Tout comme l'automobile, c'est le milieu de gamme horloger qui paie le plus lourd tribut à la morosité actuelle…
Une expression de la personnalité
On pourrait multiplier les exemples encore et encore. Comme si les deux domaines étaient indissociablement liés.
Comment l'expliquer? François Thiébaut, membre de la direction générale du Swatch Group et responsable de Tissot, Mido, Certina et Union Glashütte, a son avis sur la question. Avis qu'il livre avec un sourire: «L'homme a plusieurs passions. Si on laisse de côté celles qui sont de nature purement physique, et qu'on se concentre sur les objets, on s'aperçoit que la voiture offre la mobilité, représente un espace confortable et accueillant, à son image et où l'on se sent bien. Et puis elle fait rêver…»

«La montre, elle aussi, a ce pouvoir d'attraction, de séduction. C'est un objet passionnel que l'on porte autour de soi, comme un habit, et non pas à côté comme un téléphone portable. Et puis votre montre, c'est une expression de votre personnalité, tout comme votre voiture. De plus, elle donne le temps. Or le temps est une chose qui file entre nos doigts et que la montre donne l'impression de maîtriser. C'est un subtil mélange de plaisir et de contrainte…»
Un marché de passionnés
Pourquoi, en tant qu'horloger helvétique, être allé courtiser l'IndyCar et le Nascar aux Etats-Unis? Même petit sourire de François Thiébaut: «Nous voulions percer sur le marché américain, or le Nascar et l'IndyCar sont partout, tout le temps, sur les écrans de TV. Devenir chronométreur officiel, ça voulait dire entrer par la grande porte sur un marché de passionnés. Et prouver que nous fabriquons des montres très fiables.» Et Bernie Schreiber, Américain pure souche, ancien champion de trial moto et chef du sponsoring de la marque, d'ajouter avec un clin d'oeil: «Nascar, c'est la deuxième marque la plus connue après Coca-Cola, alors…» Mission accomplie! Tissot a fait mouche aux Etats-Unis et, comme l'IndyCar, s'exporte en Asie…
Vecteur de communication mondial
Chez Certina, l'approche est similaire, comme le souligne le directeur Adrian Bosshard, lui aussi ancien pilote moto: «Certina a une longue tradition dans le sport motorisé. Et nous voulions un vecteur de communication mondial. Quoi de mieux que de s'allier avec une écurie de F1?» Depuis cinq ans, Certina est ainsi devenue le partenaire du Team BMW, ex-Sauber. Et, de plus, la marque compte Robert Kubica, le pilote tchèque, au nombre de ses ambassadeurs. «Nous avons commencé avec lui quand il n'était encore qu'un espoir. Avant ses premiers succès en F1.» Coup double!
| CARTES DE VISITE François Thiébaut 62 ans, Français, a suivi l'Institut Contrôle de Gestion à Paris et fait son droit à l'Université de Besançon. Entré au Swatch Group en 1996, il est responsable de Tissot,Mido, Certina et Union Glashütte, de Swatch Group Brésil et dumarché suisse. Il estmembre de la direction générale depuis 2006. De plus, il est président du comité des exposants suisses à Baselworld. Bernie Schreiber Américain, né en Californie en 1959, a commencé la moto à 8 ans et la compétition à 10 ans! Il a été champion US de trial en 1978, 1982, 1983 et 1987. A été champion du monde en 1979. Adrian Bosshard Suisse, 47 ans, ancien pilote de moto GP, diplômé en économie et directeur de Certina et d'Union Glashütte. |
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