| «Une crise à venir dans l'horlogerie? Pour ma part, je suis persuadé que les turbulences actuelles n'auront pas d'impact significatif sur les marques de niche, très profilées, très identifiées, très exclusives et finalement très rares. Quant aux fonds souverains, ils sont un instrument financier que l'on connaît peu, et dont on mesure encore mal la portée et les risques qu'ils peuvent potentiellement générer. Jérôme de Witt, président des montres DeWitt. » |
|
Belle de nuit
En pleine nuit ou en pleine lumière, le «Night Chronographe Academia» (mouvement automatique) illustre l'actuelle tendance ludique de la haute horlogerie: les compteurs du chronographe (minutes et secondes) sont tout simplement recouverts d'une couche de matière luminescente, le Superluminova, qui les illumine dans l'obscurité. Superluminova blanc sur les cadrans noirs, Superluminova «noir» pour les cadrans blancs. Selon les versions, les boîtiers en or rose, or gris et titane de ce chronographe «séquentiel » photosensible (43 mm) soulignent avec élégance ce parti pris chromatico-esthétique.
Toujours plus d'audace
«Concept WX-1»: sous ce nom d'avion de guerre, se cache une des «montres» les plus étonnantes de l'année, inspirée par la fameuse «Incognito» qui avait été vendue 400 000 euros à Monaco sur la seule foi d'un dessin d'artiste (vente Only Watch 2007). On en retiendra la forme du boîtier (très originale avec sa structure carrée et ses flancs galbés, en titane, aluminium et or rose), les «cheminées» qui abritent l'une le tourbillon vertical, l'autre le mécanisme de remontage, et le «tableau» de lecture de l'heure, excentré par rapport au mouvement et traité en segments de couleur très toy watch. Une belle illustration de ce que peut se permettre – en audace et en modernité – une manufacture de tradition comme DeWitt, désormais logée dans une fabrique de 5000 mètres carrés aux portes de Genève, où sont intégrés tous les métiers liés à la conception et à la fabrication d'un mouvement mécanique.
Tribune des Arts - No360 - Avril 2008