L'éloge de la seconde morte

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Deux horlogers hollandais, Tim et Bart Grönefeld. Après avoir étudié en Suisse, puis même signé chez Renaud Papi quelques pages de sa haute horlogerie, ils retournent au pays. Leur marque transcende les arts manufacturiers universels.

HEURE SUISSE - Mars-avril 2011

Ollivier Broto & Joël A. Grandjean / TàG Press +41



D'un grand-père bijoutier ayant d'abord appris l'horlogerie et restauré des montres de poche qu'il emballait dans des boîtes à cigares, Tim et Bart héritent de la passion. Chez les Grönefeld, on est joaillier de père en fils. Qu'importe, ils feront leurs quatre années d'école d'horlogerie avant d'arriver au WOSTEP, une école suisse qui forme les horlogers du monde afin d'alimenter en savoir-faire les SAV de nos plus belles enseignes. Chez Renaud Papi, à l'heure des débuts, ils s'exercent aux hautes complications, en apprivoisant même la reine, la répétition minutes. «J'ai appris par moi-même comment limer afin de gagner de la place», explique Bart. Et donc d'en offrir un maximum aux timbres censés marteler les divisions de l'heure. D'ailleurs, GTM-06, leur première pièce éponyme, une fois le retour à Oldensall consommé, est un summum technique: à partir de mouvements Claret achetés bruts, leur répétition minutes les fait remarquer des collectionneurs mondiaux.

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Rencontre fortuite au SIHH. Leur air mystérieux titille les curiosités… D'une poche, précautionneusement, ils extirpent un mouvement en plein état de marche et complètent leurs explications par une glissade d'images iPad entrecoupées de capsules vidéo. Splendide! Pour leur deuxième création, les Grönefeld s'attaquent à un mythe presque oublié, la seconde morte. Partis d'une page entièrement blanche, hormis quelques vestiges historiques, Tim et Bart dessinent, inventent, usinent, anglent. La One Hertz 1912, comme la date du diplôme de leur grand-père, voit le jour.

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Dans le passé, certaines montres de poche disposaient de cette complication et ressemblaient aux régulateurs ou aux pendules. Dans les années 1950, Rolex, avec sa Tru-Beat, offrait au corps médical une montre sautant de seconde en seconde, pour mieux compter les pulsations. Une subtilité mécanique quasiment disparue des assortiments. Les puristes le savent, les Grönefeld ont sublimé cette compli­cation: «On voulait apporter un système indépendant qui évite le remontage d'un ressort chaque seconde. Un problème que François-Paul Journe a résolu avec son remontoir d'égalité.» Ça devient compliqué. Guidés par la «bonne esthétique», ils dessinent d'abord la position des aiguilles. Au final, un garde-temps exclusif, aiguilles des heures et des minutes décentrées, système de remise à l'heure façon chronographe – on pousse la couronne. Cadran inox, particulièrement dur à travailler.

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www.gronefeld.nl

 

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