Bientôt des calibres interactifs?

2 minutes read
Un mouvement capable d'interagir par ondes avec d'autres appareils et capteurs est techniquement réalisable. ETA travaille déjà sur la prochaine montre «intelligente».


WORLDTEMPUS – 29 septembre 2010

Louis Nardin

Connaître ses pulsations cardiaques lors d'un entraînement, enregistrer sa vitesse à vélo ou avoir perpétuellement sa montre à l'heure juste, telles sont les fonctionnalités que pourrait offrir bientôt une montre. EM Microelectronics Marin, propriété du Swatch Group – SG, et ETA, l'unité manufacturière du groupe, ont en effet collaboré pour adapter la technologie Bluetooth low energy – Bluetooth LE – à l'horlogerie. D'ailleurs, ETA est déjà en mesure de créer des calibres l'intègrant comme le laissait entendre Reto Galli d'EM Microelectronics Marin lors du Congrès intenational de chronométrie qui s'est tenu mardi et mercredi à Montreux, en Suisse

Il aura fallu attendre une évolution de la technologie Bluetooth utilisée dans les téléphones portables, ordinateurs ou autres appareils électroniques et qui leur permet de communiquer entre eux via des ondes radio d'une fréquence de 2,4 gigahertz pour imaginer l'intégrer dans une montre. En effet, jusqu'à présent, la quantité d'énergie nécessaire était incompatible avec celle offerte par une batterie de faible puissance. Avec la nouvelle technologie Bluetooth LE, qui est compatible avec la version originale, les pics de consommation ont été abaissés de 30 milliampères à 15, une dépense supportable pour une pile de mouvement à quartz.

Mais sans capteurs, le système développé par EM Microelectronics Marin et ETA resterait sans suite. «Plusieurs constructeurs d'instruments de mesures, de capteurs et autres terminaux développent actuellement des produits dont la plupart sont au stade de prototypes», répond, rassurant, Reto Galli qui imagine même d'autres applications propres à la montre. «Grâce à Bluetooth LE, il est techniquement possible de programmer des serveurs, placés par exemple dans les aéroports, et qui permettraient de synchroniser automatiquement la montre avec l'heure et la date locale. Grâce à une connexion PUID – Personnal user interface device -, le téléphone portable pourrait jouer le même rôle. De plus, en dehors de recevoir de l'information, la montre serait à même d'enregistrer tous les données, voir même de servir de télécommande comme avec des systèmes audio ou vidéo par exemple.»

Technique_328980_0
Pour le moment virtuelle, la solution Bluetooth LE adaptée à l'horlogerie ouvre des champs prometteurs. Qui ne rêverait pas d'avoir sa montre exactement synchronisée? Et plutôt qu'une boîte en plastique sans formes convaincantes, ne serait-ce pas plus agréable d'avoir un réel objet horloger élaboré dans les règles de l'art pour consulter ses dernières statistiques sportives? Et quel confort de savoir qu'un même langage technique permet à sa montre d'interagir avec une foule d'autres instruments comme le veut la philosophie Bluetooth!
Encore une fois, le Swatch Group prouve sa capacité d'innovation et confirme sa philosophie considérant la montre comme un objet utile au quotidien des consommateurs. En 1992 par exemple, la Swatch «the Beep » sonnait lorsque le beeper de son propriétaire recevait un message. L'un des premiers pas du SG dans l'ère du numérique, mais surtout la preuve que l'attachement de la firme biennoise aux technologies actuelles a des racines profondes. Et que rares sont les constructeurs horlogers à s'engager pleinement sur ces nouveaux territoires.

_____________________________

Bluetooth

La technologie Bluetooth  est employée par au moins 30'000 compagnies membres, dont 240 prennent une part active à son développement, et prône l'interopérabilité complète entre appareils qui l'intègrent; une assurance destinée à annuler tout conflit entre des instruments issus de différents constructeurs. Site officiel: www.bluetooth.org