Swatch fête son quart de siècle aujourd‘hui à Bregenz, en Autriche. Et évoque ses 350 millions de montres vendues
BIENNE De la GN701, sortie en 1983, à la SUN DOWN née en 2008, l‘histoire de la montre suisse en plastique se décline en de multiples modèles. Retour sur cette saga, à l‘heure où Nicolas G. Hayek fête son triomphe. C‘est affublé du surnom de «Dr Swatch » que Nicolas G. Hayek (80 ans) fête aujourd‘hui à Bregenz, en Autriche, les 25 ans de la marque qui a sauvé l‘horlogerie suisse. Contraction de «Swiss» et de «Watch», cette montre révolutionnaire possède plusieurs géniteurs, mais le patron de l‘horlogerie suisse se considère comme son inspirateur: c‘est lui qui a imaginé et financé l‘idée d‘une montre capable de remonter la pente face à une féroce concurrence asiatique qui atomisait l‘horlogerie suisse. Les ingénieurs ont relevé le défi en simplifiant radicalement la production et le succès de la Swatch à 50 francs n‘a jamais faibli, avec 350 millions de montres vendues à ce jour.

L‘idée géniale a été de réduire de 91 à 51 le nombre de composants d‘une montre pour ainsi adapter la technologie à une production de masse comme ici dans un atelier automatisé de Granges (SO).JeF Briguet «Transmettre un message plutôt qu‘une image» La révolution technique consistait à produire un boîtier dont le fond servait de platine pour le mouvement. En réduisant de 91 à 51 le nombre de composants, cette technologie était adaptée à la production de masse dans un atelier automatisé de Granges (SO). D‘abord en plastique, la Swatch s‘est habillée d‘acier, d‘aluminium, de caoutchouc et de silicone. Elle s‘est agrandie, puis amincie. Elle est devenue aquatique ou chronométrique. Elle a adopté tantôt un affichage digital, tantôt une puce intégrée facilitant l‘accès aux domaines skiables ou aux transports publics. Mais le succès de la Swatch réside aussi dans le marketing. «Transmettre un message plutôt qu‘une image», tel était le credo de Nicolas G. Hayek. Cette montre colorée a été vendue comme un accessoire de mode. Un statut renforcé avec les modèles dessinés par des artistes renommés comme le peintre Keith Haring, le cinéaste Pedro Almodóvar, la styliste Vivienne Westwood ou le musicien Phil Collins. Avec son réseau de boutiques monomarques, Swatch possède 12 000 points de vente à travers le monde et progresse sur les marchés émergents.
Vincent Donzé
Une collection «James Bond»
Nicolas Hayek dans la peau du méchant Oddjob et son fameux chapeau melon tueur dans «Goldfinger». Si Swatch a choisi de fêter son anniversaire à Bregenz, en Autriche, c‘est à cause de James Bond. C‘est sur un opéra flottant du lac de Constance que l‘acteur vedette Daniel Craig a joué une scène de «Quantum of Solace», sous la direction du réalisateur d‘origine suisse Marc Forster. Certes, l‘espion le plus célèbre du monde porte une Omega... mais Swatch a choisi de rester dans la course et de donner l‘heure à ses ennemis, pour une nouvelle collection baptisée «007 Villain». C‘est l‘acteur français Matthieu Amalric qui joue le méchant dans le prochain «James Bond», mais les 22 modèles prévus de cette collection rendent hommage aux adversaires mythiques de 007, à l‘image de «Dr No», «Goldfinger », ou «Le Chiffre». Source:
Le Matin, 8 sept. 2008