Swatch et le beau Corto vont en bateau

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Deux montres arborent désormais la célèbre silhouette.

Il y a quarante ans naissait le plus élégant marin de papier dans La ballade de la mer salée. L'aventure ressort en grand format, celui des planches, et deux montres arborent désormais la célèbre silhouette.

On ne présente plus Corto Maltese. On sait même tellement de choses sur ce héros de la marine marchande (il porte une boucle d'oreille à droite) que certains croient qu'il a vraiment existé. Son côté international – il a voyagé dans le monde entier –, son élégance ont emballé Swatch, toujours à la recherche de figures emblématiques pour habiller certaines de ses montres de plastique. Klaus Peter Mager, grand manitou des relations publiques internationales du groupe horloger, nous a avoué, hier à Lausanne: «Sa provocation positive se marie bien avec celle de nos collections. »

Revenons au papier. Le Maltais est apparu pour la première fois, croqué par Hugo Pratt, dans le mensuel génois Sgt. Kirk, en juillet 1967. Alors qu'on aperçoit Raspoutine, son antagoniste et alter ego, de dos dès la première planche, Corto surgit, lui, à la cinquième, torse nu, bras et jambes en croix sur un radeau de fortune. Ce qui ne l'empêche pas, quelques cases plus loin, de porter sa légendaire casquette. Sacré gentilhomme de fortune! Comprendre pirate au grand coeur. La ballade de la mer salée est reconnue comme l'ancêtre du roman graphique. Casterman nous la restitue splendidement en grand format (32 x 41 cm). 40 ans: ça se fête!

Fidèle réédition

Dans sa préface, Gianni Brunoro explique: «La photogravure a été entièrement refaite à partir des planches originales de Hugo Pratt, telles qu'il les avait dessinées. » Format d'origine, traits non retouchés permettant d'apercevoir les différences de noir, cette réédition sur beau papier s'accompagne d'un appareil critique en fin de volume signé lui aussi Brunoro. Ce professeur universitaire vénitien sait écrire simplement et sa connaissance de l'œuvre et du personnage se vérifiera cet automne à la parution de Corto comme un roman (Casterman).

1887, année de naissance de Corto, 1927, naissance de Pratt, 1967, apparition de La ballade, 2007, Corto et Swatch vont en bateau en noir et blanc et en couleur. Deux montres célèbrent ce tourbillon de sept. Sur celle au tirage illimité, le marin pose endimanché. Selon Pietro Gerosa, de la société Cong, l'aquarelle date de 1978 et est propriété d'un privé italien. Côté noir et blanc, notre héros bondit et Bang!, seule l'aiguille des secondes ose le rouge. Tirée à 11 111 exemplaires, elle s'accompagne d'une pochette noire incluant une boussole et une carte des îles du Pacifique. Pietro Gerosa précise: «La silhouette du marin est tirée des Ethiopiques et la phrase-clé de l'opération – «Ce que je suis, c'est mon affaire» – tombe de Corto en Sibérie. Corto est une marque et, avec Swatch, elles ont des points communs et se complètent. »

24 Heures / MICHEL RIME / www.24heures.ch

 

Note:Hugo Pratt: La ballade de la mer salée, édition spéciale anniversaire, Casterman, 95 francs. Swatch Corto, édition illimitée, 70 francs, en vente dès lundi. Swatch 19º South, 169º West, 11 111 exemplaires, 100 francs, en vente dès le mois d'octobre. Planches originales de Pratt, Cité du Temps à Genève, du 1erau 22 septembre (www. citedutemps. com)

 

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