A l'occasion de son assemblée générale, le 28 juin dernier, la Fédération de l'industrie horlogère suisse a décidé à une large majorité (87%) de demander aux autorités fédérales le renforcement des critères d'utilisation du qualificatif "Suisse" pour les montres, la fameuse ordonnance "Swiss made".
Concernant la montre, le projet introduit notamment un nouveau critère de valeur : serait ainsi considérée comme montre mécanique suisse la montre dont 80% (60% pour les montres à quartz) au moins du coût de fabrication est imputable à des opérations effectuées en Suisse. De plus la construction technique et le prototypage devraient de plus être effectués en Suisse. Pour le mouvement, l'ordonnance actuelle prévoit déjà un un critère de valeur, à savoir le taux de 50%. Le projet prévoit de porter ce taux serait de 80% au moins de la valeur de toutes les pièces constitutives (60% pour les mouvements non mécaniques). Est également prévue dans ce cas l'exigence de la construction technique et du prototypage en Suisse, et d'autres dispositions concernant la définition de la pièce constitutive suisse et celle de l'assemblage en Suisse.
Une plus grande sévérité dans les critères d'attribution du label, aujourd'hui jugés trop laxistes, pour en assurer la réputation et la crédibilité et sauvegarder la confiance que le public a en lui, selon la FH.
Pour le groupe Swatch, propriétaire des marques Omega, Longines, Bancpain etc. mais également plus important fournisseur de l'industrie horlogère suisse, en particulier de mouvements (ETA, Valjoux etc.) cela représente une véritable aubaine. Selon les calculs de la banque d'affaires UBS, l'industrie horlogère suisse a importé pour 1,4 Milliards de Francs Suisses (CHF) de composants l'an dernier. La substitution d'une partie de ces importations par des composants locaux, afin de rentrer dans les critères du Swiss made, pourrait générer environ 650 Millions de CHF d'activité par année. Avec une part de marché de 75% aujourd'hui, le groupe Hayek pourrait capturer jusqu'à 500 Millions de CHF de cette demande nouvelle (cela représente 35% du chiffre d'affaires actuel de sa banche "Production").
De plus, le resserrement du label en augmentant la demande de calibres et de composants suisses devrait encore aggraver les contraintes d'approvisionnement. Le groupe Swatch devrait donc encore améliorer son "pricing power" et améliorer sa rentabilité. UBS estime l'impact total à 4 Milliards de CHF, ce qui au cours actuel du titre Swatch en bourse devrait lui valoir une revalorisation de 20%.
Sur ces considérations, UBS réitère d'ailleurs son conseil d'achat sur l'action, avec un nouvel objectif de cours de 440 CHF (400 précédemment).
Une véritable aubaine
Premier bénéficiaire de la redéfinition du label "Swiss Made"
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