En 2002, Swatch Group avait annoncé l'interruption de ses livraisons d'ébauches à partir de 2006 déjà. La Commission fédérale de la concurrence (Comco) était cependant intervenue. Elle avait conclu à une violation de la loi sur les cartels. «En prenant sa décision sur les ébauches, ETA n'avait pas l'intention de favoriser la concurrence, mais c'est bien ce qui se produit», indique à ce sujet Miguel Garcia, patron de Sellita. Ce fabricant de mouvements de La Chaux-de-Fonds a pris le taureau par les cornes afin de réorienter sa production. «Nous sommes en train de développer nos propres ébauches pour répondre à la demande de mouvements chez nos clients (indépendants de Swatch Group)», déclare le directeur de Sellita. Mais «au lieu d'unir nos forces pour faire face à la pénurie de mouvements mécaniques, nous allons vers une situation de concurrence.»
La direction de Sellita a décidé de regrouper dans une nouvelle usine de 3200 m2 au Crêt-du-Locle ses deux sites de production établis en ville de La Chaux-de-Fonds.. La société, appelée à se développer, emploie à l'heure actuelle 170 collaborateurs. Environ 30% des montres mécaniques «swiss made» sont équipées de mouvements Sellita
«La décision de Swatch Group va entraîner une perte de flexibilité dans la fabrication de mouvements», précise de son côté Thierry Paratte, directeur de la société Soprod, qui emploie 80 collaborateurs à Tramelan. Selon lui, «certains calibres spéciaux seront pour les clients plus difficiles à obtenir». Soprod fabrique des ébauches mais n'a pas le temps de mettre au point des produits de substitution. «On achète des mouvements complets chez ETA pour y mettre des complications», indique encore Thierry Paratte. Soprod s'est lancé cependant dans la fabrication de son propre mouvement. La fabrique de Tramelan assemble des composants produits par la société de microtechnique Indtec, domiciliée à Sion. Selon Thierry Paratte, la clientèle est satisfaite du nouveau produit mis sur le marché il y a deux ans. La demande est en forte croissance. Les affaires «marchent tellement bien» présentement que la décision de Swatch Group passe presque inaperçue, note Thierry Paratte. Selon lui, il y a lieu néanmoins de s'interroger sur l'attitude d'ETA, qui non seulement ne livrera plus d'ébauches mais n'annonce aucune innovation sur les mouvements. Pour le fabricant de mouvements Technotime, qui emploie 250 collaborateurs à La Chaux-de-Fonds, la décision d'ETA n'a aucune importance. «Nous sommes indépendants de Swatch Group et travaillons dans des gammes de produits de qualité plus élevée», précise Philippe Marti, directeur de la société. (ats)