Le concours de réglage remis au goût du jour

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La Société suisse de chronométrie va faire revivre un type de compétition célèbre en horlogerie: le concours de réglage. Il sera ouvert uniquement aux étudiants helvétiques.

WORLDTEMPUS - 14 décembre 2009Louis Nardin

Dans le sillage du Concours international de chronométrie dont les résultats ont été récemment dévoilés - voir l'article de Worldtempus - , la Société suisse de chronométrie - SCC - a décidé de redonner vie à une autre compétition horlogère tombée dans l'oubli: le concours de réglage. Les horlogers en dernière année d'étude ou qui auront suivi un cours de réglage auront jusqu'au 19 février prochain pour s'inscrire. Outre un prix de 1'000 francs suisse doublé d'une médaille d'or, le meilleur régleur se verra offrir sa participation au prochain Concours international de chronométrie qui aura lieu en 2011. La SSC lui fournira alors le mouvement ainsi que l'habillage nécessaires.

SSC_327140_0La tradition du réglage est indissociable de l'histoire de l'horlogerie mécanique. Tel le moteur d'une voiture de course, un mouvement doit être ajusté au niveau de sa marche pour offrir les meilleures performances. Et les maîtres du genre sont bien connus, et recherchés. Pour exemple, à l'époque des concours de chronométrie qui dura jusqu'en 1967 avant de réapparaître cette année après une longue interruption, le nom du régleur apparaissait régulièrement à côté de celui du calibre et de la marque dans la grille des résultats. Savoir-faire ancestral établissant un rapport presque intime entre l'homme et la machine, le réglage est par ailleurs en train d'être redéfini par de nouvelles technologies utilisées pour fabriquer l'échappement, l'ensemble mécanique où s'exprime en primeur le doigté du professionnel. L'arrivée de spiraux en silicium a, par exemple, fait grincer quelques dents du côté de maîtres horlogers tenants du savoir-faire traditionnel. Matière sensible et cassante, le silicium ne permet en effet aucun ajustement, ce qui est plus que fréquent sur les spiraux habituels en alliage métallique.En rétablissant le concours de réglage, la SCC renoue donc avec une tradition horlogère forte. Pour l'instant réservée aux seuls étudiants en fin d'études ou ayant réalisé leur formation en Suisse, la compétition leur mettra à disposition un mouvement de base identique, le calibre ETA 6497, ainsi qu'un jeu 5 balanciers et de 5 spiraux sans compter les viroles et les pitons. Les étudiants inscrits recevront leur matériel à la fin du mois de février, juste après la clôture des inscriptions. Ils auront alors jusqu'au mois d'avril pour rendre leur calibre le plus précis possible, moment auquel tous les mouvements seront envoyés au Contrôle officiel suisse des chronomètres - COSC - pour les tests de marche. Les critères d'analyses reposeront tous sur la norme ISO 3159 qui sert déjà de modèle aux principaux instituts de chronométrie européens.

Initiative louable puisqu'elle met en lumière les compétences d'un horloger dans ce qui touche à la précision d'un calibre, la compétition reste exclusivement destinée aux étudiants issus de centres de formation helvétiques. "La mission de la SSC est centrée exclusivement sur les activités horlogères nationales, précise Jean-Daniel Dubois, président de la SSC. C'est pourquoi les étudiants inscrits dans des écoles étrangères ne peuvent participer au concours. En revanche, j'encourage vivement les sociétés d'autres pays à mettre sur pied des projets similaires."