l'art d'en faire le minimum

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Extrêmement délicates et longues à réaliser, les montres squelette constituent des pièces rares et d'une valeur inestimable dans les collections horlogères.
Son nom macabre pourrait rebuter définitivement un non-initié. Et pourtant, la montre squelette, bien qu'allégée au maximum de sa substance précieuse, fait le bonheur des amoureux de belles mécaniques qui lui attribuent une immense valeur. Non seulement parce que la vue plongeante qu'elle offre sur sa mécanique en dentelles suscite l'émotion. Mais aussi parce que les connaisseurs savent combien le travail de squelettage et de gravure nécessaire à la réalisation d'un tel chef-d'œuvre a été long, minutieux et délicat. «Même une vis à peine visible est contrôlée et polie manuellement», souligne Chrystian Lefrançois, maître horloger de l'atelier des Complications chez Vacheron Constantin.

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 Edition «Zeitzeichen»de Chronoswiss en or rose avec mouvement mécanique à remontage manuel, cadran Sterling massif, guilloché à la main, gravé et squelettisé, motif floral. Fond saphir. Edition limitée à 20 exemplaires.

Le principe du squelettage réside dans le fait d'alléger autant que possible les composants qui font palpiter le cœur d'une montre. Un art particulièrement difficile qui nécessite un minutieux travail artisanal. Ajourer, décorer, ciseler, biseauter, graver, chanfreiner… Le squelettage d'une montre demande des semaines de travail de miniaturisation des éléments du mouvement pour obtenir un jeu de transparences où la lumière dialogue avec le temps. Squeletter un coq de balancier demande à lui seul des heures. Il en faudra bien plus encore pour ajourer un pont de barillet ou une platine. De longues journées auxquelles il faut ajouter celles consacrées aux gravures qui viennent accentuer l'effet filigrané des éléments.

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«Ref. 5180/01» de Patek Philippe en or gris avec mouvement mécanique squelette extraplat à remontage automatique, rhodié, gravé et décoré à la main. Fond saphir avec périphérie teintée en bleu. Poinçon de Genève. Classiques ou modernes? Rares sont les manufactures qui se risquent à cet exercice. Tant et si bien que dévoiler une montre squelette relève à chaque fois de l'événement. La plupart des pièces de ce type arborent un style classique. Comme la «Ref. 5180/1» signée Patek Philippe. Son époustouflante pureté est soulignée par la signature «Patek Philippe Genève» gravée à la main sur le pourtour de l'ouverture circulaire qui a été ménagée dans la platine ajourée pour dévoiler le barillet. L'ouverture est elle-même décorée d'une croix de Calatrava peaufinée à la main dans les moindres détails. Le système de suspension du rotor éberluerait également la dentellière la plus experte: à cet endroit, la platine est si ajourée qu'il n'en subsiste plus qu'une fine ossature radiale. Et le compact rotor en or rhodié qui oscille en dessous est gravé d'arabesques sur ses deux faces.

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 «Masterpiece Squelette» de Maurice Lacroix en or rose avec mouvement mécanique à remontage manuel, ponts avec traitement de surface «or noir», anglage plaqué or rose et décor grand colimaçon. D'autres manufactures s'essaient au squelettage avec des modèles au design nettement plus moderne. Roger Dubuis offre ainsi une interprétation toute féminine du tourbillon avec une «Kingsquare» squelette parée de vingt-huit cœurs découpés en transparence pour s'ouvrir sur un mouvement estampillé du Poinçon de Genève figurant de palpitantes dentelles d'arabesques. Magiques, merveilleuses, classiques ou modernes, les montres squelette tentent de capter la fugacité du temps en sculptant la transparence. Des garde-temps exceptionnels mis au point grâce à un sens artistique hors du commun mais dont les connaisseurs ne peuvent s'emparer qu'à force de patience. Quand elles ne sont pas proposées en édition limitée, ces pièces sont en effet fabriquées chaque année à un nombre d'exemplaires particulièrement restreint.
A bon entendeur… M. d. P. Tribune des Arts - Octobre 2008 - No. 365


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