L'autre passion de Louis II de Bavière

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Sotheby's vend une importante montre de poche chargée d'histoire et de beauté.

Tribune des Arts - Mai 2009
Michel Bonel

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Dans le doux royaume de Bavière, le roi Louis II accède au trône en 1864, à l'âge de 18 ans. Il ne règne que vingt-deux ans et se noie, volontairement dit-on, dans les eaux glacées du lac de Starnberg, en 1886, après avoir été déchu de son trône. Mais il avait eu le temps, en un peu moins d'un quart de siècle, de faire édifier trois châteaux dans lesquels le fantastique le dispute au kitsch et finalement au grandiose, dans un cadre naturel toujours admirable.

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Comme Neuschwanstein, qui inspira Walt Disney pour le palais de La Belle au bois dormant, Linderhof, qui s'inspire du Trianon, et Herrenchiemsee, une réplique du palais de Versailles avec son escalier des ambassadeurs qui n'existe plus à Versailles, puisque détruit en 1752, et que l'on ne connaît que par des maquettes. Ce roi engloutit aussi des sommes considérables pour la promotion du musicien Richard Wagner et la construction de son Théâtre des Margraves, à Bayreuth, où la sévère façade ne laisse pas deviner la splendeur de l'intérieur. Mais Louis II savait apprécier aussi toute forme de beauté, d'une galopade sur un lac glacé aux belles montres.

Comme celle mise en vente par Sotheby's le 10 mai. Un exemplaire très rare et d'une grande importance historique. En or émaillé et diamants, cette montre de poche, complétée par une très belle chaîne, symbolise l'Ordre militaire royal de Saint-Georges, créé par l'Electeur royal de Bavière, Karl Albrecht, en 1729. Le roi Louis Ier (1825-1848), grand bâtisseur lui aussi, en fut le grand-maître, selon son désir, tandis que le prince héritier en devenait le Grand Prieur.

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L'exemplaire livré aux enchères, qui fut très probablement réalisé pour Louis II , est orné de la croix de Saint-Georges sur l'avers, tandis que sur le revers, trône la Vierge Marie, portée par un croissant de lune, ainsi saluée comme la protectrice de cet ordre. L'estimation de ce garde-temps exceptionnel est de 30 000 à 50 000 francs. Comprenant quelque 170 lots rassemblés par le dynamique expert de Sotheby's, Geoffroy Ader, qui sait doser ses ventes comme de savoureux cocktails, la dispersion du 10 mai offre un bon panorama de la production de montres du XVIe siècle à nos jours. Eventail duquel se détachent deux montres de poche aux superbes boîtiers en émail.

L'une, en or et émail, comprend un pré-balancier spiral, un échappement à verge et une lunette émaillée en ronde bosse. Elle a été réalisée par Isaac Gravelle, vers 1660. L'autre étant une paire de montres à cylindre, en or, décorée de perles, N° 25719, de 1800 environ, par Georges Prior, un important horloger londonien travaillant pour le marché turc principalement. Estimation: 12 000 à 15 000 francs.

A l'autre bout de ce défilé historique, signalons en conclusion, une autre belle création horlogère, de Patek Philippe cette fois, datant des années 1880. Il s'agit d'une montre de poche savonnette en or rose, à remontoir, avec répétition minute, calendrier perpétuel, chronographe et phases de lune. Cette réf. 80076 est estimée de 120 000 à 180 000 francs.

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