Le temps a une voix cristalline

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Elles permettent d'entendre la course des heures, voire des minutes. Un côté pratique et poétique pour les montres à sonnerie qui restent néanmoins les plus compliquées à mettre au point.
 Malgré toutes les avancées techniques que connaît l'horlogerie, la réalisation d'une montre à sonnerie reste l'un des plus grands défis auxquels peut s'attaquer un horloger. On parle d'ailleurs de la grande sonnerie comme de la complication la plus aboutie. Elle est cent fois plus difficile à réaliser qu'un tourbillon. Pas étonnant que peu de maisons horlogères puissent s'enorgueillir d'en posséder.

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«Répétition Minutes Souveraine» de F.-P. Journe, en acier et cadran en argent, avec mouvement mécanique à remontage manuel, affichage de la petite seconde et de la réserve de marche de cinquante-six heures. Vue sur les marteaux de sonnerie.

Expression raffinée de la grande complication horlogère, elle allie la passion de la perfection à la fierté de la précision pour ponctuer le temps d'un son aussi cristallin que possible. «La plus grande difficulté dans sa création est d'assurer la pleine fonctionnalité de la grande sonnerie avec les réserves d'énergie limitées d'une montre-bracelet, sans pour autant mettre en péril sa sonorité ou sa fiabilité», explique François-Paul Journe à propos de son époustouflante «Sonnerie Souveraine».

Succession de défis

Le premier défi consiste en effet à accumuler suffisamment d'énergie dans un espace aussi restreint que le boîtier d'une montre-bracelet pour faire fonctionner le mouvement et actionner de manière fiable les râteaux, marteaux et autres limaçons qui produisent les sons marquant les heures et les quarts. La seconde prouesse revient à construire un mouvement assez fiable et solide pour ne pas être endommagé à la moindre manipulation effectuée par son possesseur – et notamment celle de changer l'heure pendant une sonnerie. Enfin, la dernière contrainte, et non des moindres, est de s'assurer que le son produit par la montre soit le plus agréable possible; le plus pur et le plus doux. Ce qui implique une grande recherche sur les métaux ou les alliages à utiliser.

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 «Répétition Minutes Les Cabinotiers Squelette» de Vacheron Constantin, en platine, avec mouvement mécanique à remontage manuel. Répétition sur demande des heures, quarts et minutes, réserve de marche de trente-quatre heures. Edition limitée à quinze exemplaires.
 
Au royaume des montres à sonnerie, la grande sonnerie reste incontestablement la reine. Elle sonne en effet les heures et les quarts au passage, sur le même principe qu'une horloge. Mais elle peut également, grâce à la répétition, faire chanter le temps à volonté lors des demi-quarts, voire des minutes écoulées avec la répétition minutes.

Championnes de la minceur

Les dernières innovations en la matière placent la barre des montres d'exception à son plus haut niveau. Le mouvement de la «Répétition Minutes Les Cabinotiers Squelette» en platine de Vacheron Constantin, malgré plus de 330 pièces nécessaires à son fonctionnement, mesure à peine 3,30 mm d'épaisseur. Ce qui en fait la répétition minutes la plus mince du monde. Petite astuce pratique pour ne pas gêner ses voisins lors d'une soirée au théâtre: ce mouvement à remontage manuel comporte un dispositif appelé «tout ou rien» qui tire son nom du fait que les timbres resteront muets si le verrou de sonnerie n'est pas actionné pleinement.

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«Challenge RMT-S Titanium» de Cvstos, en titane et caoutchouc, avec cadran ajouré et fond saphir. Mouvement mécanique à remontage manuel, avec tourbillon volant et répétition minutes sonnant à la demande heures, quarts et minutes. Réserve de marche de soixante heures. Etanche jusqu'à 100 m.
 
Dans la même veine, F.-P. Journe a présenté cette année une «Répétition Minutes Souveraine» ultraplate au son cristallin. Pour ce faire, deux développements techniques essentiels ont été nécessaires. Le premier est le gong plat qui produit un son plus fort et plus clair qu'un gong traditionnel. Le second est une innovation au niveau du système des râteaux transmetteurs et du mécanisme des marteaux frappeurs, qui prennent beaucoup moins de place qu'un système conventionnel. Une nouvelle prouesse qui en appellera sans doute encore d'autres, tant les grands horlogers contemporains rivalisent de technique et d'ingéniosité.

M. d. P.

Tribune des Arts - Octobre 2008 - No 365
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