Martine Brocard
Se réveiller tous les matins frais comme une rose. C'est la promesse du Sleeptracker, un «réveil chronobiologique» capable de déterminer le meilleur moment pour tirer un dormeur de son sommeil et lui garantir ainsi la pleine forme pour le reste de la journée.
Le détenteur choisit le moment de son réveil et indique une période comprise entre dix et soixante minutes avant cette heure. La montre déterminera elle-même le moment de réveil optimal durant ce laps de temps. L'instant précis du déclenchement dépend des mouvements de poignet du dormeur.
«Mon mari l'a testé en 2005 et il a été séduit par cet ‘effet spécial' du matin», raconte l'Autrichienne Verena Hödl qui s'est laissée convaincre à son tour. «Cela fait une grande différence. Je ne me réveille plus de mauvaise humeur, et je ne me sens plus jamais fatiguée quand je me lève.» Depuis l'été passé, le couple quitte encore plus facilement les bras de Morphée: le Sleeptracker s'est doté d'un réveil vibrant et plus seulement sonore. «Avant, quand une des montres sonnait, nous nous réveillions tous les deux. Mais grâce au vibreur, chacun sort du sommeil au moment qui lui convient le mieux.»
Réserve scientifique
En 2006, Verena Hödl a quitté son travail pour devenir CEO de Sleeptracker Europe et s'occupe d'importer ces montres dans une dizaine de pays dont la Suisse.
L'intérêt pour ces montres-réveils est croissant. En Suisse, la demande a doublé en quatre ans. Mais Raphaël Heinzer, co-directeur du centre d'investigations et de recherches sur le sommeil du CHUV – Centre hospitalier universitaire vaudois - reste sur la réserve. «Le monde scientifique n'est pas d'accord sur ce qui constitue le meilleur moment pour se réveiller: il y a ceux qui pensent qu'il vaut mieux ouvrir les yeux en phase de sommeil paradoxal et ceux qui lui préfèrent les phases de sommeil lent. De toute façon le Sleeptracker ne peut pas détecter les phases du sommeil, c'est un simple capteur de mouvements.»
En effet, le Sleeptracker ne s'intéresse pas à l'activité du cerveau (ndlr: qui nécessite des électrodes placées sur la tête), mais aux mouvements de poignet que le dormeur effectue dans ses phases de micro-réveil. Des phases où l'on s'éveille à demi pour changer de position ou réajuster sa couverture et qui peuvent survenir jusqu'à dix fois par heure sans que l'on s'en rappelle. «Le Sleeptracker se base sur l'hypothèse qu'un réveil en phase de micro-réveil sera moins désagréable que lors d'une phase de sommeil plus profond. Le concept semble logique, mais pour l'instant on ne dispose d'aucune étude. C'est donc à chacun de faire ses expériences», conclut Raphaël Heinzer.
En attendant, pour ce spécialiste du sommeil le meilleur réveil est celui qui a lieu spontanément, et pour cela un seul conseil: dormir suffisamment!
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