Quand l'horlogerie honore les pierres

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Plus qu'une simple décoration, le sertissage d'une montre préside aussi bien au choix de sa forme qu'à celui de ses fonctions.
Quand l'art de la joaillerie rencontre celui de l'horlogerie, le résultat est généralement renversant de raffinement. Difficile en effet, même pour ceux qui ne succombent généralement pas facilement devant le côté ostentatoire des diamants et autres pierres précieuses, de ne pas être impressionné par ces pièces qui savent allier la maîtrise horlogère à celle du sertissage. Car, dans la plupart des cas, le sertissage d'un garde-temps n'est pas une simple décoration destinée à rendre ce dernier plus précieux encore, mais un élément technique à part entière qui préside à sa conception. Designer, gemmologue et sertisseur travaillent ainsi généralement de concert. Une condition essentielle à la réussite esthétique d'une montre joaillière.

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«One Million Dollars BB» de Hublot, en or blanc sertie «mystérieux» de 463 diamants baguettes. Mouvement mécanique à remontage manuel avec tourbillon volant et réserve de marche de 120 heures. Pièce unique.
Du serti grain à l'invisible
Il existe de nombreuses techniques de sertissage. Les plus couramment utilisées sont le serti à griffes qui consiste à enserrer la pierre dans une griffe de métal, le serti à grains qui fixe la pierre dans des particules de métal relevées depuis le socle de base ou encore le serti clos qui maintient la pierre à l'intérieur d'un cercle de métal. La technique la plus impressionnante et la plus révélatrice de l'incroyable savoir-faire des artisans dont c'est le domaine, reste sans doute celle du sertissage invisible qui permet de ne pas entacher l'éclat des pierres avec la moindre apparition de métal entre ces dernières.
La maison Van Cleef & Arpels a fait de cette méthode l'une de ses spécialités. Son «Sertissage Mystérieux», généralement appliqué sur des pièces exceptionnelles de haute joaillerie, a transformé certaines de ses montres en de véritables joyaux qui ne cessent de battre des records en ventes aux enchères. Mais d'autres maisons de renommée s'y sont également essayées avec brio.

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«Reine de Naples Haute Joaillerie» de Breguet en or blanc, avec boîtier serti de 76 diamants baguettes et 64 diamants taille brillant, cadran alternant nacre et sertissage de 42 diamants baguettes et un diamant taille poire, sur bracelet en perles naturelles Akoya. Mouvement automatique.
Comme Hublot avec la quasi-translucide «One Million Dollars BB», une «Big Bang» entièrement pavée de diamants baguette, comme sortie d'un conte des Mille et une nuits. Pas moins de 493 diamants baguettes de tailles différentes et pas une parcelle d'or visible rendent cette pièce tout à fait époustouflante! Non seulement par son esthétisme scintillant mais également par la sophistication de la micromécanique qui a été nécessaire pour réaliser cette prouesse en travaillant au 1/100e.

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«Academia Tourbillon Mystérieux Saphirs»  de DeWitt, en or blanc sertie de 113 saphirs bleu baguette et d'un saphir rond ainsi que de 208 diamants taille brillant. Mouvement automatique avec tourbillon et remontage mystérieux. Réserve de marche de 110 heures. Edition limitée.
En taille baguette ou brillant, avec émeraudes, rubis, saphirs ou diamants, en monochrome ou bien en dégradé, les possibilités offertes par le sertissage sont infinies. Mais l'art est difficile. Réussir à tisser un lien parfait entre la technique horlogère pure et l'émotion, l'élégance et le raffinement des pierres précieuses requiert une patience, une minutie et une dextérité dont peu sont capables.
M. d. P.
 
Tribune des Arts - Octobre 2008 - No 365