Franck Muller, le châtelain de Bâle

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Baselworld? Bien trop stressant! Le groupe préfère s'offrir une parenthèse de calme, d'histoire et de luxe à quelques encablures de la foire…
Tribune des Arts - Mars 2010
Chloé GabathulerSalon_328074_0

 

Le temps où les foires horlogères et joaillières de Bâle et Genève se déroulaient conjointement est bel est bien révolu. Qu'à cela ne tienne! Le groupe Franck Muller, qui a déjà exposé ses nouveautés au mois de janvier dans l'enceinte même de son site à Genthod, s'installe, le temps de Baselworld en mars, dans un château: la Villa Wenkenhof. Situé à Riehen, à une dizaine de kilomètres du centre de Bâle, régulièrement réquisitionné pour des mariages et autres événements festifs ou d'affaire, le lieu est tout simplement superbe. Imposant mais cossu, il multiplie chambres et salons, dans un déferlement de dorures, moulures, tapisseries et peintures murales, parquets, cheminées et meubles d'époque. Tandis qu'à l'extérieur, se déploie un parc immense, à la française, avec statues et fontaines. Quant à la vue sur la ville, elle est imprenable.
A l'origine, n'existait ici que la dépendance de ce beau bâtiment. Il s'agissait alors d'une ferme agricole datant du début du Moyen-Age, rachetée puis rénovée par Christoph Burckhardt-Merian en 1714. Dès 1735, celui-ci hérita d'un nouveau voisin, le riche commerçant Johannes Zaeslin, qui acheta le terrain adjacent à celui de la ferme pour y construire une résidence d'été sur le modèle français et dont un portrait subsiste toujours dans le fumoir de la demeure. Ce fut l'architecte Johann Carl Hemeling qui fut chargé des travaux. Mais le commerçant, un célibataire sans enfants, n'utilisa les lieux que pour donner de fastueuses fêtes, la cuisine et les chambres manquant à l'appel. Ce qui perdura durant plusieurs décennies après sa mort en 1752. Jusqu'à ce qu'en 1860, la bâtisse soit agrémentée de deux étages supplémentaires grâce à l'intervention de l'architecte Johann Jakob Stehlin (1826-1894) qui avait déjà signé plusieurs constructions privées et publiques, comme le casino de Steinenberg. Le temps des grands ornements
Beaucoup de choses changent lorsqu'en 1931 l'industriel Alessandro Clavel-Respinger et son épouse, déjà propriétaires de la dépendance depuis 1917, peuvent racheter l'ensemble du domaine. Tandis que la villa gagne en détails baroques, le parc s'agrandit, se dote d'une écurie et se pare d'un jardin “à la française”, là où auparavant s'étendait un simple verger. Il s'enrichit aussi d'une entrée monumentale menant à la cour d'honneur, délimitée par une somptueuse grille flanquée de deux cerfs dorés.

Aujourd'hui propriété de la commune de Riehen, le parc est ouvert au public, alors que les deux édifices, classés monuments historiques, appartiennent à la Fondation Alessandro Clavel. Quant au groupe Franck Muller, qui le loue pour cinq jours, il devrait renouveler l'expérience en 2011, voire au-delà, si elle s'avère concluante. Mais d'ores et déjà, l'accueil de la nouvelle est très positif, note Vartan Sirmakes, le CEO du groupe. D'ici-là, les visiteurs pourront y découvrir quelques nouveautés horlogères non dévoilées en janvier, en rapport avec des marchés spécifiques. Le but étant surtout de sortir du lot et de s'offrir une parenthèse de calme et de décontraction dans le stress de Baselworld, tout en apportant une diversité supplémentaire au paysage de la foire.



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