Elle détone dans le paysage masculin technique. Diplômée de l'école d'horlogerie de Genève, Saskia maaike Bouvier lance sa première collection « L'heure d'été & d'hiver ».
WORLDTEMPUS - 20 mars 2010Mathilde BinetruyCe grand garçon en baskets qui se tient à ses côtés - une de ses créations au poignet - est son mannequin et, accessoirement, son mari. A première vue, on aurait imaginé l'inverse, tant l'allure de Saskia maaike Bouvier la prédestine naturellement aux podiums et tant l'imaginaire collectif conjugue plus volontiers carrière technique au masculin.

Saskia maaike Bouvier © Saskia maaike Bouvier
C'est pourtant la voie que s'est choisie cette jolie jeune femme de 35 ans, diplômée de l'école d'horlogerie de Genève en 1997, et qui lance à Bâle sa première collection sous pavillon AHCI – l'Académie Horlogère des Créateurs Indépendants -, « L'heure d'été & d'hiver ». Une complication gimmick avec deux plages horaires sur le même cadran. « C'est un clin d'œil pour se souvenir toute l'année des heures selon la saison,» explique-t-elle. La pièce n'est demeure pas moins technique, dévoilant un mouvement mécanique aux rouages décorés de fleurs et de flocons de neige et subtilement maintenus par deux ponts représentants des branches d'arbre.

La collection est présentée sur le stand de l'AHCI que Saskia vient de rejoindre. Un choix de vie qui répondait à un désir de concilier vie professionnelle et privée. Depuis 2004 et la création de son entreprise, elle a fait de « beaux bébés », comme elle le dit avec humour. « J'ai imaginé ma première pièce - Cupidon pour la société Pierre Kunz en 2005 - alors que j'attendais mon premier enfant. Les heures du monde, ma seconde pièce est née en 2007, lors de ma deuxième grossesse. A croire que les hormones rendent créatives !» Aujourd'hui, elle a ancré son établi près de sa fratrie, convient y trouver son équilibre, et chemine sa petite ascension, certes à l'ombre des mastodontes, mais avec un certain éclat. Une fille à suivre.