1er décembre 2009
David Chokron

En anglais, le bling, c'est la bijouterie massive et voyante. Chaînes en or qui brille, diamants en pagaille, montres surdimensionnées, le tout porté avec une ostentation maximale. Le but? Démontrer sa richesse et son succès dès le premier coup d'œil, même non averti. Un luxe démonstratif, destiné à frapper dans la rétine, courant chez les stars du hip hop. Dernier exemple en date, le rappeur Lil'Wayne s'est vu offrir une Chopard intégralement sertie de diamants pour ses 27 ans. La cerise sur le gâteau: le prix symbolique qui sublime le bling; 1 million de dollars.

Mais dans ce monde de surenchère, on trouve des surprises de modestie. Car aux antipodes du bling, il y a Eminem. De son vrai nom Marshall Bruce Mathers, le petit blanc nerveux de Detroit porte une Rolex ref. 116200, une Datejust en acier, bracelet Oyster, cadran gris ruthénium et chiffres romains. Soit une montre unicolore et tout à fait discrète, n'en déplaise à M. Séguéla. Elle ne mesure que 36 mm de diamètre et se vend pour une somme avoisinant les 5400 $. C'est-à-dire une paille au regard des revenus de la star.
Eminem s'affiche en public avec cette Rolex comme seule montre. Il la porte en concert, en promo, en privé et même au cinéma. Il fait une apparition mordante dans son propre rôle (un caméo, dans le jargon hollywoodien) dans le «Funny people» de Judd Apatow. Loin des partenariats et associations entre stars et marques, on trouve ici l'exemple d'un attachement authentique et désintéressé.
