Jean Troillet, son odyssée de l'espace himalayen

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Entre détermination et idéal de vérité, Jean Troillet, révèle les raisons qui le pousse vers l'exploit et raconte le partenariat qui le lie à Rolex.
Luxes par Bilan - Mai 2009
Tina des AugustinsRolex_325844_0Jean Troillet, guide de montagne et désormais célèbre himalayiste, compte à son actif dix sommets de plus de 8000 mètres. Tous vaincus en style alpin et sans l'apport d'oxygène. Ce maître absolu de la discipline, mi-Valaisan, mi-Canadien, a élu refuge à La Fouly, près d'Orsières. Il reçoit Luxes par Bilan dans son chalet. Une baie vitrée gigantesque ouverte sur la montagne trône, surréaliste, en maîtresse des lieux. A passé 60 ans, son physique exceptionnel lui autorise encore tous les rêves. Direct, chaleureux, il sait partager sa passion. C'est d'ailleurs sa grande force et certainement la clé de son partenariat avec Rolex. Depuis 2002, la marque horlogère soutient certaines de ses expéditions, produit et diffuse les films de ses exploits dans l'Himalaya.


BL De terrain de jeu, comment la montagne est-elle devenue terrain d'exploits exceptionnels?

JT J'y suis venu petit à petit. Guide de montagne dès 1969, j'ai d'abord voulu faire mes preuves dans les Alpes, au Canada, dans les Andes, en Patagonie, puis en Afrique. Par respect pour la montagne. A l'époque, je regardais l'Himalaya avec beaucoup de prudence. Le grand cadeau de la nature est arrivé en 1982. Pour la première fois j'ai mis un pied à 8000 mètres. J'étais enfin apte à la haute altitude et accepté par la montagne. C'était au sommet du Makalu, au Népal, une expérience magnifique et le début des grandes expéditions.

BL Que ressent-on à plus de 8000 mètres, sans oxygène?
JT Erhard Loretan a dit un jour que «les secondes passées au sommet valent toute une vie». On entre dans un autre univers. On y ressent un tel bien-être qu'il faut faire attention à ne pas basculer dans ce monde-là.

BL Est-ce possible?
JT Bien sûr. Mais c'est sans souffrance. Certains se sont endormis pour ne plus se réveiller. Le froid, l'altitude, le cerveau qui ralentit… D'autres se sont jetés dans le vide, volontairement, sans cri. Un Japonais l'a fait, au sommet de l'Himalaya. C'est dans ces moments qu'il faut bien mesurer ses
limites et se connaître profondément.

BL A quel moment les limites sont-elles mises à rude épreuve?
JT Fatalement à la descente. Mais avec l'expérience, je maîtrise ma fatigue physique et mon manque de sommeil. La force mentale aide beaucoup en situation de stress. Les tempêtes ne me font pas peur, je les aime plutôt d'ailleurs. La nature vous donne toujours des ouvertures pour passer. Je me détends vraiment quand j'arrive vers le plat. Quand c'est fini. Alors c'est unmoment de bonheur intense. En général, égoïstement, je m'offre une demi-heure pour moi, caché, avant d'arriver au camp de base. Et si c'est la nuit, alors temps mieux, j'éteins la lampe et personne ne sait où je suis… (Rires.)

BL La montagne vous parle-t-elle?
JT Bien sûr. Mais c'est avec l'expérience qu'on apprend à l'écouter. Il m'est arrivé une fois de ressentir un mauvais sentiment, sur la face ouest de l'Annapurna. J'avais mal au ventre, j'avais peur, alors qu'il n'y avait à ce moment précis aucune raison apparente pour provoquer cette sensation. C'était un signe de la montagne et pour moi il y avait danger. L'instinct parle, la nature aussi, il faut savoir les écouter. D'ailleurs, l'Everest est aujourd'hui peuplé de gens plus ou moins expérimentés, utilisant la voie normale avec oxygène, qui n'écoutent rien et sont prêts à payer des fortunes pour aller au sommet, quitte à y être portés. Une année, on a compté jusqu'à 260 personnes, c'est terrifiant! Pour pouvoir écouter la montagne, il faut s'acclimater lentement, sentir son physique s'habituer à l'environnement.

BL Racontez-nous votre aventure avec Rolex...
JT
Rolex est une marque de légende. J'ai l'impression que nous les sportifs, à notre niveau, on leur apporte une authenticité toute simple, des vérités. Ma rencontre avec cette marque date de 2002, lors de ma collaboration à l'expédition commémorative d'Yves Lambert sur l'Everest. L'expérience s'est poursuivie. Le souhai témanait de la marque, moi, je n'osais même pas l'imaginer.

BL Qu'a changé ce partenariat pour votre parcours?

JT Rolex respecte ce qui touche à l'aventure. En témoignent les nombreux explorateurs que la marque soutient depuis des décennies. Le grand avantage avec ce partenaire, c'est qu'il comprend la montagne et sa difficulté. Son expérience de l'Himalaya remonte à plus de septante ans. Autre avantage, il n'y a aucune pression, pas de course à la réussite. La capacité de renoncement face au danger potentiel est essentielle et Rolex y tient. Leur respect d'un travail porté sur le long terme m'est capital.

BL Aventurier de l'extrême, est-ce aussi savoir communiquer?
JT Maintenant oui! Avant je pratiquais la montagne de manière purement égoïste. Grimper d'abord et parler ensuite. J'ai la chance d'être sollicité pour transmettre ma vision de la montagne. Les films réalisés avec Rolex servent à cela, Internet aussi. J'y crois beaucoup, mais sans jamais monopoliser le discours. Le dernier film est magnifique, grâce à Sébastien Devrient, un guide de montagne artiste, cinéaste et photographe. Il a donné une belle dimension à notre aventure. En ces temps de crise, je suis aussi sollicité pour parler de la force mentale et, grâce à des exercices, donner aux gens les clés pour la trouver en eux. C'est aussi ce que je donne, à travers ma fondation, à certains jeunes en grande difficulté. Ses dates

1985
K2, Pakistan (8611 m), arête sud. Puis Dhaulagiri, Népal (8167 m), face est.
1986
Everest, Népal (8848 m), face nord. Record de vitesse aller-retour en 43 heures.
1990
Shishapangma, Népal (8046 m), face sud, ouvre une nouvelle voie. Puis Cho Oyu (8202 m), face ouest.
1991
Makalu, Népal (8481 m), pilier ouest.
1994
Lhotse, Népal (8516 m).
1995
Kangchenjunga, Népal (8586 m).
1996-1997
Descente en snowboard de l'Everest, Népal, face nord. Une première.
2002

Expédition commémorative du cinquantenaire au mont Everest, Népal (8848 m).
2007
Gasherbrum 1, Pakistan (8068 m). Puis Gasherbrum 2 (8035 m).



Rolex, témoin des hommes d'exception


La marque à la couronne équipe des alpinistes de renom depuis 1933.Rolex_325844_1

Entre Rolex et l'alpinisme, c'est une histoire fort longue puisque la marque horlogère équipe de ses montres des alpinistes de renom partis à la conquête de l'Himalaya depuis 1933. Ce véritable laboratoire à ciel ouvert, aux conditions climatiques extrêmes, a constitué un extraordinaire terrain de tests pour Rolex. Les alpinistes étaient pour leur part assurés d'avoir un gardetemps fiable et robuste en toute situation. «Aujourd'hui encore, nous partageons de nombreuses valeurs avec l'univers de la montagne: la précision, l'endurance et le dépassement de soi», souligne Jean- Noël Bioul, codirecteur sponsoring de Rolex.

Jean Troillet fait partie de la grande famille des Témoignages Rolex depuis 2003. «Il transmet sa connaissance et son amour de la haute montagne avec enthousiasme et conviction. Son message est d'autant plus authentique qu'il réalise toutes ses ascensions sans oxygène, dans le pur respect de la tradition alpine.» Il intervient également auprès de jeunes en difficulté, les encourageant à se découvrir au travers d'expériences en montagne. En termes de communication, Rolex produit le film de l'expédition qu'elle soutient et organise sa diffusion en Suisse et au niveau international.Rolex_325844_2
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