Le groupe basé à Genève et Bienne actualise ses structures opérationnelles. Un directeur des filiales étrangères également mis en place.
L'Agefi - 4 mai 2011
Stéphane Gachet
La nomination de Gian Riccardo Marini à la présidence exécutive de Rolex est arrivée comme une demi-surprise mardi en début de soirée (L'Agefi d'hier). La direction ne justifie pas cette décision, mais il a toujours semblé évident que le directeur précédent, Bruno Meier, était une personnalité de transition. L'arrivée de Gian Riccardo Marini, actuel administrateur délégué de Rolex Italia, laisse par ailleurs une impression un peu similaire, même s'il s'agit d'un changement dans la continuité tout à fait dans l'esprit Rolex.

Le nouveau président exécutif a déjà 64 ans et affiche 40 années dans l'entreprise. La question est moins de savoir combien de temps il restera à la barre, que la manière dont la prochaine transition sera mise en place. Le communiqué publié mardi soir donne peut-être un début de réponse, avec la nomination de Daniel Neidhart, 49 ans et 15 ans d'activité chez Rolex, à la fonction de directeur des filiales étrangères. Une nouvelle fonction dans le groupe, qui remplace probablement le précédent poste de directeur commercial (occupé jusqu'à fin 2009 par Renato Rüedi). La direction évoque «l'actualisation des structures», mais ne commente logiquement pas les prochaines étapes en matière de renouvellement du management.
C'est en dehors du groupe que la question est débattue. Le site d'insider Business & Montres, par exemple, explique que l'on prête, à l'interne, une mission de sélection et de recrutement du futur «jeune CEO» de Rolex. La nomination de Gian Riccardo Marini reste quoi qu'il en soit un événement trop exceptionnel pour ne pas y prêter attention.
Jusqu'en décembre 2008, au moment du départ de Patrick Heiniger, Rolex n'avait connu que trois dirigeants depuis sa création: Hans Wilsdorf, créateur, André Heiniger, qui lui succède de 1963 à 1992, puis son fils, Patrick Heiniger. Bruno Meier, qui occupait la fonction de directeur financier jusqu'à sa nomination fin 2008, n'aura quant à lui été en place qu'un peu plus de deux ans à la tête du groupe. Sa présidence avait dès le départ été accueillie comme une solution transitoire. Une réponse à la situation d'urgence provoquée par le départ abrupte de Patrick Heiniger et par le contexte financier mondial. Le profil même de Bruno Meier a aussi fait l'objet de passablement de commentaires. Il n'a d'ailleurs jamais été perçu comme totalement intégré dans la logique Rolex. Il venait de la finance internationale avant de s'installer à Genève, où il a dirigé la gestion de fortune de Deutsche Bank de 2000 à 2005, date à laquelle il rejoint Rolex en qualité de directeur financier.
La nomination de Gian Riccardo Marini provoque son départ avec effet immédiat. Le directeur financier qui a succédé à Bruno Meier, fin 2008, reste en place.
La valorisation d'une expérience et d'une sensibilité de terrain signale encore un certain retour aux fondamentaux. Gian Riccardo Marini est en contact avec Rolex depuis 1972, lorsqu'il entre chez le distributeur pour l'Italie, qui a toujours été un débouché important pour la marque. Il est nommé fondé de pouvoir en 1975. Il devient directeur commercial en 1980, enfin administrateur délégué de Rolex Italia en 2000. Le choix du conseil d'administration signale aussi une orientation nette vers le développement des marchés.
Pour la direction, il s'agit de «préparer l'avenir» et les régions à forte croissance sont clairement dans la cible. La seconde nomination, celle de Daniel Neidhart à la direction des filiales étrangères (Rolex compte 23 sociétés affiliées) met en relief l'importance du développement en Asie. Il vit depuis vingt ans à Hong Kong, chez Rolex depuis 1996, et oeuvre déjà comme responsable des marchés de la Chine, de Taïwan et des Philippines. Plusieurs options stratégiques restent ouvertes à ce stade. En particulier l'évolution de Rolex en matière de distribution, plus particulièrement sur le terrain des points de vente monomarque. La thématique est centrale pour toute l'industrie horlogère, mais Rolex s'en est jusqu'à présent toujours distancié, privilégiant la logique des détaillants. Pour l'instant, le groupe ne compte qu'une seule boutique en direct, à Genève.
Rolex, totalement en main de la Fondation Hans Wilsdorf, ne publie pas ses performances. Le groupe compte près de 6000 collaborateurs, dont 3500 à Genève. Le chiffre d'affaires est estimé entre 4 et 5 milliards de francs.

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