Tribune de Genève - 3 novembre 2011
Jean-Daniel Sallin
Le bateau Henry-Dunant fend les eaux du lac et s'enfonce dans l'obscurité. Invitée-surprise, la pluie ajoute encore au mystère de cette scène nocturne. Sur le pont supérieur, 80 personnes s'agglutinent en effet autour des tables de ce casino éphémère et défient fébrilement la «banque» au black-jack, à la roulette ou au poker. Sans jeter un seul regard au plateau de desserts, pourtant griffés Chevrier, qui tourne dans la salle. Mais qui sont ces clandestins du jeu voguant dans cette nuit d'automne?

Pas de panique! Ils ne sont pas hors la loi. Dix jours après l'avoir dévoilé sur le Rocher, en présence de Christian Louboutin, Daphné Guiness, Clotilde Courau et Patrick Bruel, Roger Dubuis présentait en effet son nouveau «monde» sur le Léman: si l'Excalibur – avec son ambassadeur, Gerard Butler – incarne superbement l'univers des «guerriers», la Monégasque se veut plus délicate. Plus joueuse. On se situe là entre James Bond et la princesse Grace…

Il ne reste plus qu'à trouver un porte-drapeau à ce garde-temps aux lignes élégantes. Son portrait-robot? Gambler dans l'âme, bluffeur patenté derrière ses lunettes noires, il n'est pas obligé d'habiter Monte-Carlo, mais devra être digne de cette étiquette glam chic que l'on colle volontiers au Rocher. On chuchote que la manufacture genevoise aurait déjà trouvé la perle rare.


