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Carlos Dias: investir 150 millions à Meyrin

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Le patron de Roger Dubuis annonce la création d'une manufacture de mouvements

On disait la société horlogère Roger Dubuisexsangue, même au bord de la faillite. Pour la première fois depuis queces bruits circulent, son patron, Carlos Dias, controversé dans lemilieu, a donné sa version des faits. «Non, la société n'est pas enpasse d'être revendue. Oui, les problèmes avec notre distributeuraméricain ont obéré les résultats de l'entreprise. En effet, le conflitavec l'actionnaire minoritaire à hauteur de 40% doit se réglerprochainement dans le cadre d'un arbitrage. Oui, la société possède uncrédit hypothécaire auprès de Credit Suisse de 15 millions de francs,mais il ne s'agit en aucune manière de pertes cumulées de 150 millions,comme certains l'ont dit», a-t-il indiqué. Faute de preuves et dedocuments à l'appui, on est obligé de se contenter de ses déclarations.


Au-delà de ces campagnes qu'il qualifie de diffamatoires, Carlos Diasveut aller de l'avant. Il projette de créer une nouvelle marquehorlogère, qui s'appellera CD 1956 (pour Carlos Dias, avec uneréférence à sa date de naissance). Aucune société de ce nom ne figurepour l'heure au Registre du commerce. «A titre personnel et non paspour le compte de Manufacture Roger Dubuis, j'ai par ailleursl'intention de bâtir une manufacture de mouvements qui serontaccessibles à d'autres marques», lance-t-il. Ce seul projet représenteun investissement de 150 millions de francs, selon lui.

 

Info ou intox?


La commune meyrinoise confirme que des discussions sont en cours pourle terrain. Les travaux devraient débuter au deuxième semestre 2007.Carlos Dias, dont la fortune est estimée entre 100 et 200 millions defrancs par Bilan, affirme que le financement est quasiment assuré. Ilprovient de fonds propres et étrangers. Des investisseurs auraientgaranti leur participation. La manufacture pourrait à terme êtrecapable de produire 100000 mouvements haut de gamme, dotés du Poinçonde Genève. Avec à la clé la création de 750 à 800 emplois d'ici à cinqans. «Je ne fais pas ces déclarations à la légère. Les projets doiventaboutir. Et je ne négligerai pas Roger Dubuis pour autant.»


Jérôme Lambert, patron de Jaeger-LeCoultre, juge le projet plausible,même si «beaucoup d'inconnues manquent à cette équation». Selon lui, leprincipal problème consistera à trouver le personnel qualifié. Pour unautre patron horloger, rencontré au Salon de Genève et qui a requisl'anonymat, «c'est de l'esbroufe». Un troisième dit ne pas vouloir«tirer sur l'ambulance». Un quatrième estime qu'il s'agit d'un«pare-feu». Alors, info ou intox?

Le Temps / Bastien Buss / www.letemps.ch

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