Carlos Dias

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Malgré les difficultés et son récent accord avec le groupe Richemont, l'opiniâtre Carlos Dias, CEO de la manufacture Roger Dubuis, reste seul maître à bord.

Malgré les difficultés et son récent accord avec le groupe Richemont, l'opiniâtre Carlos Dias, CEO de la manufacture Roger Dubuis, reste seul maître à bord.

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Carlos Dias, CEO de la manufacture Roger Dubuis. Un homme courageux mais malchanceux avec ses actionnaires.

Qui aurait pensé que ce génie de Carlo Dias, portugais d'origine, révolutionnerait le monde de l'horlogerie suisse? Quand on analyse ce qu'il a fait ces dix années écoulées – et que n'a fait aucun autre horloger – s'imposant comme designer, horloger et technicien, et montant l'une des plus belles manufactures horlogères, distincte des autres autant par son style, sa modernité, son originalité que son indépendance, on ne peut qu'être impressionné. Aucun connaisseur ne pourra me contredire: en quelques courtes années, avec autant de classe que de discrétion, il est venu enrichir le patrimoine horloger suisse de mouvements incomparables, d'une complexité portée à des niveaux inouïs. Au point qu'on se demande, en posant une tasse sur une montre Roger Dubuis, si elle ne va pas se remplir de café! Sur le marché, il a été jalousé comme nul autre. Cent fois, d'aucuns auraient voulu le voir à terre. Cent fois, les faits ont démenti la rumeur. Je le connais depuis trente ans et peux vous dire qu'il est aux antipodes du portrait qu'on fait de lui. Il est d'une absolue correction et aussi loyal que son coeur est grand. La vérité est qu'il a été malchanceux avec ses actionnaires majoritaires.

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Calibre RD06. Mouvement mécanique à remontage manuel, avec tourbillon volant dont la raquette indique les secondes, chronographe mono-poussoir coaxial trois temps à roue à colonne, compteur des heures et des 30 minutes rétrogrades, grande date instantanée. Décoré «Côtes de Genève» et estampillé du Poinçon de Genève.

Travailleur acharné Si j'admire Carlos, ce n'est pas seulement pour la manière dont il a assumé les problèmes divers auxquels il a été confronté, mais c'est surtout le courage et l'opiniâtreté dont il fait inlassablement preuve. Récemment, je l'ai invité à dîner Carlos Dias, CEO de la manufacture Roger Dubuis. Un homme courageux mais malchanceux avec ses actionnaires. chez moi. Je l'ai attendu, attendu et attendu encore, mais il n'est pas venu… Finalement, désespéré, j'ai appelé son épouse qui m'a dit qu'il avait assurément été retenu par ses obligations professionnelles et qu'il travaillait jusqu'à des heures indues, souvent jusqu'au petit matin… C'est dire à quel point il reste le patron de sa marque et seul maître à bord! S'il a cédé au groupe horloger le plus important de la branche, l'atelier de production des composants micromécaniques de sa manufacture, c'est que, malheureusement, il n'a pas été suivi ni soutenu par son
actionnaire minoritaire.

Je peux vous assurer que Carlos Dias a reçu beaucoup de propositions d'achat! Mais par la signature d'un accord avec Richemont portant également sur la distribution de ses produits, il a trouvé dans les relations établies avec ce groupe, la substance d'un vrai partenariat élégant et qualitatif. De son côté, Richemont a trouvé – s'il m'est permis d'avoir recours à cette métaphore explicite – «un lit tout fait». Et les hauts responsables du groupe savent bien que s'ils avaient dû monter une telle structure, cela aurait pris des années avant qu'elle ne soit vraiment opérationnelle. De part et d'autre l'affaire est bonne. Mais Carlos Dias ne s'arrêtera pas là, car l'homme a de la réserve. Croyez-moi, il est bien dans sa peau. Il est serein et j'irais même jusqu'à dire qu'avec son âme de marathonien, il ne faudrait pas s'étonner qu'il nous prépare quelque chose de nouveau sous le soleil de l'horlogerie…
G. T.

 

Tribune des Arts - No356- Novembre 2007

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