25
WorldTempus · 25 ans

25 ans, 25 cadeaux

Trois minutes, 25 chances de gagner : une montre DOXA, des séjours d'exception et bien plus.

Je participe

Métamorphoser le «Titanic» en montres

4 minutes read
La marque RJ Watches dévoilera à Bâle une collection conçue avec l'acier du paquebot mythique.
RJ-Romain Jerome_322552_0
Les montres Titanic DNA sont réalisées àpartir de l'acier provenant d'un morceau de la coque du paquebot légendaire.

Titanic DNA fera sans doute cou­ler beaucoup d'encre. Signe par­ticulier de cette montre concoc­tée par la firme horlogère RJ Watches (pour Romain Je­rome)? L'objet ne se contente pas de faire référence au célè­bre navire ayant fait naufrage le 14 avril 1912. Il est composé de matériaux, du charbon et de l'acier, prélevés sur l'épave du Titanic. Une idée folle née dans l'esprit d' Yvan Arpa, le patron de la jeune société genevoise créée il y a seulement deux ans. L'homme est plutôt atypique dans le monde de l'horlogerie haut de gamme, un domaine qu'il connaît bien, ayant fait ses armes chez Sector (No Limits), dirigé la filiale suisse de Baume Mercier et le marketing de Hu­blot. L'été dernier, il est débau­ché par RJ Watches qui lui donne toute latitude pour défri­cher des concepts. «Dans la jungle des quelque 600 mar­ques horlogères suisses, je me suis demandé ce que nous pou­vions amener de différent, no­tamment face à des maisons dotées d'une longue tradition», explique Yvan Arpa
Surmonter l'aspect morbide
L'histoire n'étant pas derrière la marque, c'est donc la marque qui est allée vers l' Histoire. Du­rant plusieurs semaines, le Ge­nevois plonge dans les dédales des grands épisodes de l'huma­nité. De cette réflexion s'impose le Titanic. «Une évidence. Même ma fille de cinq ans connaît. Elle est mon instru­ment de mesure!» A partir de là, tout s'enchaîne très vite. Yvan Arpa obtient les droits exclusifs, durant deux ans, d'utiliser une image de synthèse représentant le Titanic conçu par un collaborateur de James Cameron, le réalisateur du film du même nom sorti sur les écrans en 1997.
Rejoint par un ami égale­ment transfuge de chez Hublot, le directeur de RJ Watches commence par acheter du char­bon extrait des cales du Titanic, seul élément de l'épave autorisé officiellement à la vente par la société américaine RMS Titanic Inc. (lire encadré), afin d'en saupoudrer le cadran. Mais sur­tout, il dégote un petit morceau d'acier de la coque du navire rachetée à un plongeur ayant participé à l'une des expédi­tions sous-marines. «Nous avons tous les certificats d'authenticité, du plongeur même, et contresigné par un notaire suisse», assure Yvan Arpa.
Reste à concevoir la montre. Et à surmonter les écueils. Tech­niquement, l'acier ancien res­surgi des profondeurs marines peut provoquer des allergies. Autre souci: le caractère mor­bide de la chose, quelque 1500 passagers ayant péri dans le naufrage… Pour contourner cet obstacle psychologique, Yvan Arpa contacte Harland Wolff, à Belfast en Irlande, le chantier naval qui avait construit au dé­but du siècle le Titanic et qui travaille sur de nombreux pro­jets de commémoration du cen­tenaire du naufrage, en 2012.
«Ils ont aimé ce concept ré­tro futuriste et nous avons dé­cidé de fusionner l'acier ancien à celui des nouveaux paquebots de Harland Wolff.» La marque peut ainsi insuffler une touche de renouveau dans la montre et, détail non négligeable, élar­gir la fabrication. Douze modè­les sont prévus, dont deux sé­ries ultralimitées de 99 pièces chacune, pour un total de 2012 exemplaires! L'ensemble sera dévoilé au Salon de l'horlogerie, à Bâle, le 12 avril. Il faudra compter entre 8000 et 160 000 francs pour arborer à son poignet un fragment du Titanic.

 

Tribune de Genève / ELISABETH NICOUD / www.tdg.ch

 

L' Histoire, otage de la course à l'argent


L'épave la plus célèbre du monde fait partie de l'imagi­naire collectif. Localisé en 1985 à3840 mètres de fond, le Titanic a été sondé au cours de plusieurs missions d'explora­tion. De ses entrailles sont remontés des milliers objets, notamment du mobilier, de la vaisselle, des vêtements ou des documents. Des trésors qui posent d'épineux problèmes juridiques, le Titanic ayant coulé en eaux internationales.
Aux Etats-Unis, le navire est considéré comme un mémorial maritime suite à une loi adop­tée en 1986 et signée Ronald Reagan. Les droits d'explora­tion sont gérés par la société RMS Titanic, à qui la vente d'objets récupérés sur le site lui est interdite, mise à part des morceaux de charbon – on estime que 2800 tonnes sont restées dans les cales – qui lui permettent de financer de nouvelles explorations.
Difficile toutefois de mettre en place un système de sur­veillance planétaire! La dimen­sion commerciale, relancée par le succès planétaire du film Titanic, suscite la controverse depuis des années. De nom­breuses ventes aux enchères ont déjà été organisées, faisant exploser les ventes de ces objets à des prix faramineux.
Des excursions touristiques en sous-marins, russes et fran­çaises, seraient, selon les scien­tifiques, responsables de pilla­ges et du désossage d'un ves­tige historique victime tout autant de l'usure du temps et des éléments naturels que de la course à l'argent.

 

Tribune de Genève / (fn) / www.tdg.ch