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La Chine aux pieds d'argile?

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Une étude de Credit Suisse montre que les Chinois cacheraient un tiers de leur fortune.
Gold'Or - Novembre 2010 Fabrice Eschmann  

Intéressante étude de Credit Suisse présentée dans Le Figaro du 7 septembre 2010. L'enquête relève que les Chinois cacheraient un tiers de leur richesse.En 2008, les plus riches d'entre eux, très largement concernés par cette fraude, auraient gagné en moyenne 139'000 yuans mensuels (20'000 francs), beaucoup plus que les 44'000 yuans déclarés (6'400 francs). Quelque 1'450 milliard de francs échapperaient ainsi au contrôle de Pékin. Des sommes qui profitent en particulier, souligne encore l'étude, au marché immobilier chinois et hongkongais, aux casinos de Macao et aux marques européennes de luxe.

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Ce dernier point ne laisse évidemment pas indifférents les horlogers suisses. Pour la première fois en effet, la Chine s'est hissée au quatrième rang des marchés d'exportations pour l'horlogerie au premier semestre 2010, avec 480 millions de francs, une hausse de 90 pour cent! Un résultat qui ne tient pas compte de Hong-Kong (1,4 milliard de francs d'exportations). Pas un jour ne passe, ou presque, sans l'annonce par une marque horlogère de l'ouverture d'un point de vente en Chine continentale ou à Hong-Kong.

Mettre ces deux phénomènes en relation directe ne serait pas raisonnable. Et pourtant. Si l'Etat chinois décidait de traquer ces sommes énormes, comme l'ont fait au coeur de la crise les Etats-Unis, la France et l'Allemagne avec leurs évadés fiscaux, il se pourrait que l'Eldorado asiatique pâlisse quelque peu. Evidemment, la Chine n'a pour l'instant aucun besoin d'argent, tout au contraire. Grâce à sa puissance exportatrice extraordinaire, ses réserves en devises étrangères ont atteint en juin le montant record de 2'454 milliards de dollars.

Mais Pékin est sous pression. Washington, soutenu par Bruxelles, s'irrite tous les jours davantage de sa politique monétaire qui maintiendrait le yuan artificiellement bas afin de doper les exportations et, partant, sa croissance. Le FMI, l'OMC et dernièrement l'Asem (Asia Europe Meeting, qui s'est tenu début octobre à Bruxelles) ont ainsi demandé à la Chine de laisser sa monnaie s'apprécier et de faire plus pour développer sa demande intérieure.

Même si la Chine résiste, une appréciation du yuan n'est plus si improbable. Les décideurs à Pékin semblent eux-mêmes l'avoir admis. En même temps, une brusque flambée du yuan pourrait mettre l'économie chinoise en danger. Cette dernière a déjà été durement frappée par la crise mondiale, laquelle a entraîné la perte de plusieurs millions d'emplois (jusqu'à 20 millions peut-on lire). Un autre frein aux exportations risquerait de déclencher une nouvelle vague de faillites.

Bien que mastodonte économique – elle vient de ravir au Japon le titre de deuxième puissance économique mondiale – la Chine se trouve dans une situation délicate. Le salaire moyen mensuel n'y est encore que de 350 francs, très insuffisant pour développer la demande intérieure. Si actuellement, il est indéniable que l'Empire du Milieu profite aux horlogers suisses, ces derniers feraient bien de ne pas répéter la même erreur que ceux qui, il n'y a pas si longtemps, avaient tout misé sur les Etats-Unis.

BIPH

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