WORLDTEMPUS - 19 juillet 2010
Propos recueillis par Louis Nardin

Louis Nardin: Qu'est-ce qui vous a poussé à participer, et cela dès ses débuts, au Mans Classic?
Richard Mille: Patrick Peter, l'organisateur du Mans Classic, est un ami de longue date. Quand il m'a présenté son projet en 2001, j'ai tout de suite adhéré à l'idée. Ma marque n'avait qu'un an d'existence et j'ai décidé de me lancer dans l'aventure à ses côtés. Aujourd'hui, cette manifestation connaît un très grand succès.
Comment avez-vous vécu cette édition 2010? Quels en ont été les moments les plus mémorables?
Chaudement! Plus sérieusement, je suis sidéré par l'ampleur que prend Le Mans Classic, année après année. Le départ des premiers plateaux, façon «Le Mans» avec les pilotes qui courent vers leurs voitures est toujours un grand moment d'émotion.
Pourquoi soutenir fortement un événement dédié aux voitures anciennes alors que les montres Richard Mille sont des concentrés de technologies d'avant-garde et se veulent les alter ego horlogers des voitures de Formule 1 actuelles?
La plupart de nos partenariats sont d'abord des histoires de rencontres, d'amitié. Ma passion pour la compétition historique rentre bien sûr en ligne de compte, mais soutenir une manifestation comme Le Mans Classic est pour moi, très cohérent. Cet événement s'adresse, pour les pilotes qui y participent, à des collectionneurs venus du monde entier dont un grand nombre s'intéresse de près à la haute horlogerie. Ensuite, il est vrai que mes montres sont considérées comme les Formule 1 de l'horlogerie, mais je dirais que cela relève d'une approche globale. La recherche de la légèreté, d'une grande rigidité, de la performance à tous les niveaux, la volonté d'innover, d'expérimenter… Voila ce qui guide la création de chacune de mes montres. Autant de paramètres que l'on retrouve dans l'élaboration des voitures de course, depuis toujours et pas seulement dans la Formule 1. Les 24 Heures du Mans, tout au long de leur histoire, ont été un formidable laboratoire pour les constructeurs. C'est là qu'ils ont testé la plupart de leurs innovations. Bien que la marque n'ait pas encore fêté ses dix ans, nous nous inscrivons dans cette longue tradition d'innovation, appliquée au domaine de l'horlogerie. Il est également très important pour moi de souligner que nos montres sont entièrement assemblées et finies à la main, un travail extrêmement complexe. Et c'est aussi ce que j'apprécie dans les voitures de course. On y voit la main de l'homme dans chaque pièce de carrosserie, dans chaque soudure. Enfin, si l'on observe, par exemple, dans le détail le châssis monocoque d'une Matra des années 70 comme celles que l'on voit au Mans Classic, l'on comprend mieux d'où vient une part de mon inspiration.

Comment vous est venue cette passion pour l'automobile de compétition?
J'aime l'automobile et la mécanique depuis mon plus jeune âge.
Quand avez-vous commencé de piloter et sur quelle voiture?
J'ai commencé à piloter récemment, il y a trois ans, en fait. Mon associé et ami Dominique Guenat y est pour beaucoup.
Quels sont vos souvenirs les plus forts de ces débuts?
C'est surtout le fait de me retrouver sur la piste de circuits mythiques tels que Monza, Spa ou Nurbürgring qui m'a le plus marqué au départ. J'ai alors pensé à tous les grands pilotes dont les exploits me faisaient rêver étant enfant.
Pourquoi aimez-vous piloter, et votre Lola en particulier?
J'aime les challenges. Piloter en est un, particulièrement avec une voiture comme la Lola: beaucoup de puissance, aucune aide à la conduite. C'est très physique! Et l'ambiance sur les courses historiques est formidable. L'esprit «gentlemen drivers» me convient tout à fait.
Les risques de la conduite automobile ne vous inquiètent jamais?
Je qualifierais mon pilotage de «raisonnable». Je me fais avant tout plaisir. Je connais parfaitement mes limites et je progresse sans prendre de risques inutiles.
