Voici la RM012, une montre Tourbillon en platine produite en série limitée (30 exemplaires). Il s'agit d'une première mondiale en construction tubulaire, qui a nécessité de nombreuses recherches. Photo SP
Né voici un siècle dans une ancienne ferme des Breuleux, Guenat SA-Montres Valgine relève un nouveau défi en construisant une nouvelle unité de production au sud de l'entreprise actuelle. Le but: passer de moyen terme de 30 à 80 employés. Ce développement réjouissant est basé sur deux axes: la fabrication de montres en label privé et la promotion de la marque Richard Mille. Avec un créneau, étonner le haut de gamme.
L'aventure des montres Valgine est étroitement liée à une famille, les Guenat, des Breuleux. D'Ali Guenat, dans les années 1900, à Dominique Guenat, qui a repris l'affaire en 1991, la société va surfer sur l'évolution horlogère.
Quand le jeune directeur reprit le témoin, la marque Valgine souffrait de la concurrence dans le moyen de gamme. Il s'agissait de mieux se profiler. Le nouveau boss va tout d'abord positionner sa société dans le «private label», la fabrication de montres pour d'autres maisons. «Le problème du private label, c'est qu'il se fait en Asie. Je n'ai jamais voulu délocaliser en tombant dans le bas de gamme. Le label privé implique aussi d'être très compétitif, inventif et de respecter les délais...», commente Dominique Guenat.
La firme franc-montagnarde va donc se battre, cravacher ferme pour monter dans le haut de gamme. Opération réussie aujourd'hui, puisque Valgine travaille pour des grandes maisons suisses.
La seconde orientation tient dans un partenariat avec le Français Richard Mille pour le développement de sa marque. La rencontre remonte à quinze ans, mais l'association date de 1999 avec, notamment, à la clé la création de la société Eurométrie SA. Cette société vise une niche peu utilisée: le très haut de gamme moderne, en prenant le contre-pied de l'image de l'horlogerie traditionnelle. Voilà qui débouche sur une montre mécanique tout à fait originale, avant-gardiste, comportant des nouveautés dans l'utilisation de certains matériaux (le titane, le carbone), en raison de leurs propriétés (rigidité, dilatation...).
S'y ajoutent des innovations techniques dans la forme des ponts (rigidité), le taillage des engrenages pour un meilleur rendement, la création d'un barillet à rotation rapide pour la détente du ressort, le développement d'un capteur de couple chargé d'assurer un fonctionnement optimal, un sélectionneur de fonctions au niveau de la couronne!
Le marché de Richard Mille, plus de 50% de la production de la firme taignonne, se répartit pour un tiers en Amérique, un tiers en Europe et un tiers en Asie. Comme le produit tourne autour des 40.000 francs pièce, la pub (près de 20% du chiffre d'affaires y est consacré) est ciblée haut de gamme et sport. On retrouve la montre franc-montagnarde au bras de Felipe Massa, pilote de Formule 1 chez Ferrari. La marque est présente au Mans classique (course de voitures historiques) ou encore à la Périni-Cup en Sardaigne, course de yachts prestigieux...
On le voit, le nouvel immeuble des Breuleux (trois étages de 450 m2) se situe dans cet esprit d'entreprise, qui marque actuellement l'horlogerie franc-montagnarde, et son originalité, qui en fait sa réputation.
L'Impartial / Michel Gogniat / www.limpartial.ch