Tous les matins, c'est le même scénario. Avant 8h30, derrières les portes du SIHH, s'organisent malgré elles les assises de la grande famille horlogère.
Revolution - 19 janvier 2010
Mathilde Binetruy
Alors que les noctambules dorment encore du sommeil post-Kiosque des Bastions, déjà trépignent les plus zélés du clan. Il est 8h, Palexpo s'éveille. Des tavernes environnantes parviennent les premiers membres. Parmi eux, les cousins d'Asie, dont la ponctualité pourrait servir d'argumentaire à n'importe quel chronographe. Suit la branche artiste de la famille, les équipes des manufactures, véritables maîtres de cérémonie des stands qui jonglent avec sourires, pieds douloureux, dîners en ville. Les cernes trahissent la tribu. A ne pas confondre avec les noceurs susnommés et encore en mode remontage manuel. Entre alors en scène un tourbillant volant, mannequin entièrement développé et drapé par les marques. La présence canonique de son 1m80 vampe l'assemblée, son jeu de jambes telles deux aiguilles géantes, activent la fonction réveil masculine et rattrapante féminine. Le reste de la cellule familiale – détaillants, journalistes, clients - s'égrène dans son sillage, chapelet de pingouins, lycra, Blackberry.
Si l'on devait définir un évènement à l'aune de la faune qui siège dès potron-minet en son antichambre, le SIHH serait un Rubik's Cube. 8h29. Comme y a toujours un peu de psychanalyse collective derrière une montre, le moment cristallise les attentes. 8h30, les portes s'ouvrent. Derrière les vitres, la salle de bal.