C'est notamment parce que les collectionneurs surabondent dans l'île que le Mocha s'apprête à s'y élever. Une initiative de l'un des plus grands distributeurs horlogers d'Asie.
Le Museum of Contemporary Horological Art réunira les montres contemporaines les plus emblématiques de ces trois dernières décennies, en plus de présenter des expositions temporairesC'est notamment parce que les collectionneurs surabondent dans l'île que le Mocha s'apprête à s'y élever. Une initiative de l'un des plus grands distributeurs horlogers d'Asie.
Plus de quinze heures de vol et six heures de décalage horaire. C'est certain, le plus beau musée de l'horlogerie du monde ne se visitera pas sur un coup de tête. Pour pousser sa porte et découvrir les montres contemporaines les plus emblématiques de ces trois dernières décennies, il faudra avoir du temps… et de l'argent. Et pour cause, le Museum of Contemporary Horological Art sera inauguré non pas dans notre capitale mondiale de l'horlogerie mais à Singapour. Hot spot de l'horlogerie parce que cette ville-Etat concentre un nombre impressionnant de collectionneurs, de beaux magazines horlogers et de boutiques de luxe, la destination singapourienne n'est pas donnée à tout le monde. Mais quand on aime, on ne compte pas… Voué à ouvrir en 2009, ce musée que les connaisseurs appellent déjà le Mocha (à prononcer Moka) puise son origine dans une initiative de The Hour Glass. Cette société qui peut se targuer de représenter l'un des plus importants réseaux de distribution horlogère en Asie ne cache pas ses ambitions. Faire du Mocha un véritable temple horloger. Mieux encore: lui donner la légitimité symbolique du MoMa de New York, de la Tate Modern à Londres ou du Musée Guggenheim à Bilbao. Autant dire qu'il est inutile d'espérer pouvoir y admirer une quelconque pièce traditionnelle. Grâce à une collaboration rapprochée avec des collectionneurs d'envergure, d'autres musées horlogers et des manufactures de renom, le Mocha ne se contentera pas d'abriter un large éventail de ce que l'industrie horlogère a produit de plus signifiant ces trente dernières années mais proposera également des expositions temporaires. «Nous espérons élever le niveau d'éducation du public concernant la culture horlogère», insiste Michael Tay, le jeune directeur exécutif de The Hour Glass. Choix stratégique Certains comprendront, d'autres moins. Mais le choix de la lointaine Singapour pour l'implantation d'une telle institution n'est pas dû au hasard. Michael Tay s'explique: «L'importance stratégique de Singapour dans l'univers horloger est sous-tendue par le fait que, nulle part ailleurs dans le monde, on ne compte autant de possesseurs de montres. De plus, les Singapouriens sont réputés dans le monde pour être des leaders d'opinion dans le domaine de l'horlogerie ». Et d'ajouter que «Singapour n'est pas seulement une porte d'entrée pour l'Asie du Sud-Est mais également une véritable fenêtre sur le monde». Alors, Singapour, ville du futur pour l'industrie horlogère? A en croire Michael Tay, on n'en est pas loin. Quant aux passionnés d'horlogerie, ils ont désormais trouvé une bonne excuse pour s'offrir un vol pour cette île située entre la Malaisie et l'Indonésie.M. d. P. Tribune des Arts - No363 - Juillet-Août 2008