La rue du Rhôneest devenue, indiscutablement, l'une des artères les plus chères aumonde où, sur quelques centaines de mètres, le luxe s'affiche dans toutson éclat. Aujourd'hui, toutes les grandes marques sont présentes. Elles ont d'ailleurs payé très cher pour être là. Ce qui fait que,malheureusement, d'autres commerces ont dû fermer leurs portes. Ledernier en date étant le sympathique café Cristallina, qui, victimede la surenchère des loyers, a mis la clef sous lepaillasson le 31 décembre dernier. Dommage! On y prenait le café dansune chaude ambiance où tout un chacun, du concierge au PDG, se tenaitau coude à coude. Avec ce café, c'est un peu de la chaleur genevoisequi disparaît. De même, tout près de la place Bel-Air, la vénérablechemiserie Jaquet a cédé la place à Jaeger-LeCoultre et à IWC. Cesnouveaux arrivés rejoignent ainsi la longue cohorte des anciens, présents depuis de longues années. CommeCartier, Patek Philippe et Les Ambassadeurs. Même Touzeau s'est décidéà franchir le pas. Il s'installera début avril à l'angle du boulevardHelvétique, dans un espace spacieux et superbe. Le haut de la rue duRhône à proximité de Rive devient toujours plus le nouveau pôle duluxe, bien que son coeur demeure incontestablement dans la section de rue comprise entre Gucci et Dior. Et dire qu'il y a une vingtaine d'années, l'ambiance était totalementdifférente avec ses terrasses et ses bistrots. On sentait que c'étaitle coeur même de Genève qui battait tout au long de cette artèredevenue aujourd'hui comme une boîte postale de référence, une desadresses les plus prestigieuses au monde. A l'égal de l'avenueMontaigne à Paris ou de la Via Condotti à Rome, où se trouve depuistoujours le mythique Bulgari. Je n'ai qu'un seul regret tout de même.Le soir venu, la rue du Rhône s'enfonce dans la torpeur lorsque lesboutiques ferment leurs portes. Sans bistrots et sans restaurantspratiquement – même le Relais de l' Entrecôte s'apprêterait à fermer–, elle est d'une tristesse incroyable. Dommage, Genève est pourtant une si jolie ville! |