On a peut-être trouvé le secret de l'or noir

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Incroyable mais vrai : du platine noir, de l'aluminium or, du tungstènebleu, et ça marche pour tous les métaux. Il suffit du femtolaser du professeur Guo pourentrer au pays de l'or noir !
Le professeur Chunlei Guo, de l'université de Rochester (Etat de New York, Etats-Unis), serait parvenu au rêve de tous les physiciens : transformer la matière. Rêve qui était aussi celui des anciens alchimistes : la transmutation des métaux, par exemple du plomb en or. Selon un communiqué de cette université, un procédé permettrait d'envisager cette transformation pour n'importe quel métal, du plus précieux au plus trivial, qu'il s'agisse de platine ou d'aluminium RECHERCHE_321458_0L'aluminium orCe qui autoriserait la production de platine noir ou d'aluminium doré – sans traitement de surface aléatoire et facilement altérable. On sait que cette quête du vrai « black metal » (ne pas confondre par le rock du même nom) est le Graal de tous les directeurs de production de l'industrie horlogère, qui se cassent les dents sur cette impossibilité physique depuis de nombreuses années.RECHERCHE_321458_1Le titane noirSecret de l'équipe du laboratoire de l'Institut d'optique de Rochester : l'utilisation d'un femtolaser, dont la mise en oeuvre aurait pour propriété de transformer en profondeur l'aspect de n'importe quel métal, pour lui donner n'importe quelle couleur, y compris la reproduction de l'iridescence d'une aile de papillons ou le dessin de n'importe quelle photographie.

Histoire de faire saliver encore davantage les horlogers lancés dans une terrible course au high-tech, précisons une fois de plus qu'il ne s'agit pas d'un simple « traitement de surface », mais bien d'une modification en profondeur, bien au-delà des premières couches de la matière ainsi traitée…
On peut donc imaginer des cadrans « impressionnés » de façon définitive et indélébile avec le logo, les chiffres, les index et toutes les indications habituelles, des boîtiers aussi précieux qu'assortis à la couleur des yeux de l'une ou des cravates de l'autre…RECHERCHE_321458_2

« Quand nous avons découvert le processus capable de produire une couleur identique à l'or, nous ne pouvions pas y croire. Nous avons travaillé dans le laboratoire jusqu'à minuit en essayant de voir quelles autres couleurs nous pourrions reproduire », raconte le professeur Guo (ci-dessus).
Avec son assistante, Anatoliy Vorobeyv, ils ont travaillé à provoquer une « rafale » de laser incroyablement brève et intense pour créer, sur le métal testé, des micro-structures nanométriques qui absorbent et qui reflètent la lumière d'une certaine couleur, et selon un certain spectre qui est celui d'une couleur ou d'une combinaison de couleurs.

Temps d'explosition : un femtoseconde, instant infinitésimal qui est à la seconde ce qu'une seconde est à 32 millions d'années…
Intensité de l'exposition : une tempête d'énergie qui correspondrait à la consommation d'énergie annuelle de toute l'Amérique du Nord concentrée sur une tête d'épingle…

On pourrait imaginer, au vu de ces chiffres, que ce n'est pas demain qu'on verra des femtolasers dans les watchvalleys. Erreur : même ultra-coûteux, un de ces femtolasers se branche sur une simple prise électrique domestique et il ne dépense que très peu d'énergie tellement il la concentre.

Ce déchaînement énergétique « sculpte » littéralement la surface du métal et y créent des puits (nanostructures) capables de piéger durablement la lumière, sans pour autant interdire le travail ultérieur de ces surface. En variant l'intensité du laser, sa longueur d'impulsion et le nombre de ses impulsions, on configure des nanosculptures, plus courtes que les longueurs d'onde qui correspondent à chaque couleur du spectre. En contrôlant ce travail, on maîtrise le rendu final de la couleur du métal.
En jouant sur les « sillons » de ces nanosculptures et sur leur régularité, on peut créer un effet irisé, changeant selon l'angle sous lequel on regarde la pièce : reflet étincelant d'un côté, noir profond de l'autre.
Apparemment, selon les premiers résultats obtenus, toutes les couleurs de l'arc-en-ciel sont reproductibles sur des surfaces métalliques.

L'équipe de Chunlei Guo a ainsi obtenu le métal du noir le plus absolu jamais créé sur cette terre, capable d'absorber à peu près toutes les longueurs d'onde du spectre lumineux.
Ce qui ouvre d'ailleurs la porte à de nouvelles recherches sur l'invisibilité : de quoi donner de nouvelles idées à Jean-Claude Biver, qui vante toujours l'« invisible visibilité » de sa Big Bang All Black.
Même ouverture vers les technologies furtives, les énergies renouvelables (panneaux solaires), les piles à combustible et de multiples autres activités de pointe…

Alors, à quand la première femtomontre ?
G.P.

Source : Université de Rochester (1er février 2008)
Le laboratoire de l'honorable professeur Chunlei Guo

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